[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 181
tiques, des chevaux, et deux mille écus de pension pendanttout le temps que le roi jugea à propos de cacher ses amoursavec la marquise. Lorsqu’il eut levé le masque, la gouver-nante fut appelée à la cour avec les enfants adultérins. Elles’insinua de plus en plus dans l’esprit de la Montespan, qui,à différentes reprises, lui fit donner des gratifications parLouis XIV . « Et, ce qui était assez bizarre, dit le duc de Saint-» Simon, c’est que sa majesté ne pouvait souffrir la veuve» Scarron , et se faisait en quelque sorte forcer la main pour la» moindre grâce. Ainsi, la terre de Maintenon , située dans» les environs de Versailles , étant tombée en vente, la» gouvernante supplia madame de Montespan de demander» au roi de quoi l’acheter. Celle-ci s’acquitta de la com-» mission un matin que Louis XIV était à sa toilette. Le roi» fit d’abord la sourde oreille, puis il refusa ; enfin, impa-» tienté de la persistance de sa maîtresse, il s’emporta contre» elle-même, lui déclara qu’il croyait avoir trop fait pour» cette mendiante, et qu’il ne concevait pas l’opiniâtreté de» madame de Montespan à garder une femme qui lui était» insupportable; cependant qu’il donnerait cette fois encore,» puisqu’elle paraissait y tenir, mais à la condition qu’on ne» lui reparlerait jamais d’une semblable créature. »
Cette singulière répulsion de Louis XIV pour la veuveScarron devait bientôt disparaître et faire place à un entraî-nement sympathique des plus extraordinaires. Voici quellefut la cause de ce changement dans les sentiments du roi : lejeune duc du Maine, l’aîné des bâtards de la favorite, étaitextrêmement boiteux ; et pour faire disparaître en partie cetteinfirmité, les médecins avaient ordonné les eaux. La veuve
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