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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
Le duc d’Anjou partit immédiatement pour Madrid , et sefit proclamer roi des Espagnes, sous le nom de Philippe Y,sans toutefois abandonner ses droits au trône de France , quilui furent garantis par des lettres patentes de Louis XIV ,pour lui et pour ses descendants mâles, dans le cas où labranche des Bourbons viendrait à s’éteindre. Guillaume III ,que ses intérêts de dynastie rapprochaient momentanémentdu grand roi, reconnut le nouveau monarque au nom del’Angleterre et de la Hollande. Les ducs de Bavière et de
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Savoie imitèrent cet exemple; mais les autres puissances etl’Autriche à leur tête refusèrent d’adhérer à cet arrange-ment de famille, et organisèrent contre la France une ligueformidable. De toutes parts les armées s’ébranlèrent; l’Eu-rope fut en feu, et des milliers d’hommes expirèrent sur leschamps de bataille pour la querelle des tyrans qui voulaients’arroger le droit de donner des lois à l’Espagne .
Parmi les ennemis de Louis XIY, le plus redoutable, etsans contredit, celui à qui la France fut redevable d’unegrande partie de ses désastres, était François de Savoie ,nommé aussi le prince Eugène, le fils d’Olympe Mancini ,comtesse de Soissons , la première des maîtresses en titre duroi. Voici d’où venait la haine profonde que le prince Eugèneportait à Louis XIV . A sa naissance, ses parents avaient eul’intention de le faire entrer dans la carrière ecclésiastique;quand il fut parvenu à l’âge d’homme, il déclara qu’il n’a-vait aucune vocation pour la prêtrise, et demanda à êtremilitaire. Néanmoins il continuait à porter le manteau, cequi l’avait fait appeler le petit abbé. Piqué de ce nom, qu’ilregardait comme une injure, il se présenta un jour devant