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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

le remplaça dans son poste et prit le commandement destroupes. Pour son premier fait d’armes, le nouveau maréchalvint attaquer les impériaux dans une position inexpugnable.Eugène tailla en pièces son armée, le poursuivit l’épée dansles reins, le força d’abandonner le Mantouan et de se réfu-gier dans Crémone, où il se crut en sûreté. Mais pendant lanuit Eugène pénétra dans la place avec un petit nombre desoldats; et sans la défense vigoureuse de quelques troupesd’élite, la ville fût immanquablement tombée en son pouvoir :forcé de se replier, le prince opéra sa retraite en bon ordre,emmenant avec lui Villeroy, qu’il avait fait prisonnier.

La campagne de Flandre n’était pas plus heureuse pour lesarmes de Louis XIV que celle d’Italie ; ses généraux avaientété battus par les armées combinées de l’Angleterre et de laHollande. Pour surcroît de malheurs, Guillaume III étaitmort à la suite d’une chute de cheval, et avait laissé le trôneà la reine Anne sa femme, ennemie implacable du roi deFrance ; et les Provinces-Unies , se trouvant libres par la mortdu stathouder, avaient de nouveau proclamé l’existence de larépublique, et confié la direction des affaires au célèbre Hein-sius, qui prit le titre de grand pensionnaire, et qui portaità l’exécrable Louis XIV une haine plus violente encore quecelle de la reine Anne.

Uni d’intérêts et de principes avec l’Angleterre et l’empire,Ileinsius n’eut pas de peine à faire entrer la Hollande dans laligue, et forma avec le prince Eugène et Marlborough , leministre de la Grande-Bretagne, un triumvirat redoutable,dont l’histoire jusque-là n’avait fourni aucun exemple. Laguerre fut poussée de tous les côtés avec une vigueur extra-