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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
son ministre, qui était le chef des whigs, pour donner l’ad-ministration des affaires aux torys.
Des négociations furent ouvertes entre la France et laGrande-Bretagne, et un traité fut signé avec cette doublecondition qu’Anne serait reconnue légitime souveraine d’An-gleterre par Louis XIV, et Philippe V roi d’Espagne par laveuve de Guillaume III . La conclusion de ce traité rompit im-médiatement la confédération et détermina les différentespuissances à entrer en pourparlers avec la France . Ce futdans la ville d’Utrecht qu’eurent lieu les conférences ; on dé-cida dans ce congrès que le vieux roi reconnaîtrait officiel-lement la succession de la maison protestante de Hanovre au trône d’Angleterre, et chasserait le prétendant de sonroyaume; qu’il renouvellerait la clause de la renonciationabsolue à la couronne d’Espagne pour lui et ses descendants ;qu’il s’engagerait à démolir le port de Dunkerque , qu’ilabandonnerait Terre-Neuve à l’Angleterre, et ne se réser-verait que le cap Breton et la participation à la pêche de lamorue; qu’il céderait également à cette puissance l’Acadie ,la baie d’Hudson et les pays circonvoisins, ainsi que la por-tion de territoire que la France occupait à Saint-Christophe.On convint en outre que sa majesté restreindrait le commercemaritime dans les îles espagnoles, et renoncerait aux nou-veaux privilèges qu’elle avait obtenus. Louis XIV donna sonapprobation à toutes ces conventions désastreuses, et reconnuten quelque sorte la France vassale de la Grande-Bretagne.
La république hollandaise reçut en dépôt la portion desPays-Bas qui appartenait à l’Espagne , à la condition de laremettre à l’Autriche , lorsqu’elle se serait assuré une barrière