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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1716 .]
de l’état, et particulièrement les ecclésiastiques, dont il con-naissait mieux que personne l’esprit perfide. D’abord il fitexiler l’évêque Tabarada, gouverneur du conseil de Castille,et prépara ses batteries pour renverser le grand inquisiteur,le cardinal del Giudice, et le Père d’Aubenton, l’un desrédacteurs de la fameuse constitution Unigenitus, qui étaitalors confesseur de Philippe V ; toutefois ses efforts pourperdre ce jésuite n’aboutirent qu’à exciter contre lui la hainede l’ordre entier et à lui faire refuser le chapeau de cardinal,qu’il sollicitait en cour de Home.
Le prudent Alberoni changea alors de tactique : comme iltenait essentiellement à être agrégé au sacré collège, tantpour rehausser son litre de premier ministre que pour s’enfaire une garantie d’inviolabilité en cas de disgrâce, il se ré-concilia avec d’Aubenton, prit l’engagement de le maintenirdans son poste de confesseur du roi, de lui abandonner ladirection entière des affaires avec le saint-siège, et de n’ac-corder aucun bénéfice en Espagne sans son approbation. Deson côté, Je jésuite promit de servir le ministre, d’aplanir lesobstacles qui s’opposaient à son élévation au cardinalat, et demettre le souverain pontife dans ses intérêts. Il s’engagea enoutre à lui ramener le cardinal Aldovrandi, qui avait unegrande inlluence dans le sacré collège, sous la conditionqu’il le ferait demander pour nonce en Espagne .
Plusieurs circonstances favorables vinrent encore en aideau ministre et concoururentàassurersa promotion. Les Turcs,après avoir conquis la Morée et remporté quelques victoiressur les Vénitiens, menaçaient l’Italie d’une invasion, ce quijetait Je pape dans un effroi extrême. D’autre part, l’empereur