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HISTOIRE DES PAPES.
[1719.J
Alberoni eut même l’impudence de solliciter auprès de lacour de Rome , comme si rien d’extraordinaire ne se lûtpassé entre lui et Clément XI , des bulles d’investiture pourl’évêché de Malaga et l’archevêché de Séville , qu’il s’étaitl'ait donner par sa majesté catholique. Sur le relus du sou-verain pontife d’acquiescer à sa demande, il en référa auconseil de Castille, entièrement composé de ses créatures,et en obtint une consultation qui enjoignit au pape d’expé-dier les bulles d’investiture à bref délai, s’il voulait éviter d’yêtre contraint par la voie des armes.
Clément ne fit aucune réponse et maintint son premierrefus. Le ministre, rendu furieux par le silence de la courde Rome , résolut de frapper un grand coup, afin de donnerune leçon au pape, disait-il, et pour lui apprendre à ne pasoublier les égards qu’il devait à un cardinal ; il envoya l’ordreau nonce apostolique de quitter Madrid . Avant d’obéir, lecardinal Aldovrandi demanda et obtint la permission d’enréférer au saint-siège, pour faire une dernière tentative enlaveur de la paix; le légat, qui était fort attaché à sa non-ciature à cause des grands profits qu’il en retirait, envoyaun message au pape et lui exposa dans sa correspondancetous les motifs qui devaient le porter à désirer la paix avecl’Espagne ; il lui insinua même, que s’il persistait dans sonrefus d’accorder les bulles demandées par le conseil de Cas-tille , il était à craindre que les troupes espagnoles débarquéesen Italie ne vinssent à pousser une pointe jusqu’à Rome .Aucune de ces considérations ne put faire changer Clément XI de résolution; il écrivit au cardinal Aldovrandi qu’il eût à nepas quitter la capitale et qu’il se chargeait du reste; et le