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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[ 1721 .]

amant devenu importun; et un matin, le premier ministrereçut l’ordre de quitter Madrid dans les vingt-quatre heureset le royaume dans quinze jours. Alberoni, chassé de l’Espa-gne , fut obligé d’errer sous un nom supposé dans plusieurspays, pour échapper aux poignards des séides du saint-siège;puis, fatigué de cette vie nomade, il prit le parti de fixer sarésidence à Sestri di Levante, dans le territoire de Gênes ,oii il éprouva de nouvelles persécutions de la part de Clé-ment XI et même de Philippe Y.

Ce succès enhardit le pape et lui donna une telle confiancedans son habileté politique, qu’il supposa que personne nepouvait lui résister; il osa même faire une tentative auprèsde l’empereur de Russie , pour amener la réunion de l’Églisegrecque à l’Église romaine. Mais le czar Pierre, qui ne sesouciait nullement de courber la tête sous le joug d’un prêtre,chassa les légats qu’il lui avait adressés; et pour enlever auxpontifes toute velléité d’étendre leur influence dans la Russie ,il imagina de donner au peuple de sa capitale le spectacle del’intronisation d’un pape; il choisit un de ses bouffons, nom-mé Josof, pour remplir ce rôle, et il le fit promener dans lesrues de Saint-Pétersbourg avec une folle qui représentait unepapesse, au milieu des cérémonies les plus burlesques.

Clément XI comprit qu’il avait trop présumé de son in-fluence ; il abandonna ses projets de conversion sur la Russie ,et se rabattit sur la France , qu’il continua de troubler par denouvelles exigences, jusqu au moment de sa mort, qui arrivale 19 mars 1721. Pasquin fit son éloge funèbre en deux lignes ;« Rome, réjouis-toi ; tu es délivrée de ce bon pape qui pro-» mettait beaucoup, tenait peu, larmoyait toujours. »