294
HISTOIRE DES PAPES.
[ 1722 .]
se montra favorable aux appelants, soit par suite d’engage-ments secrets avec le cardinal de Rohan, qui était hostile auxconstitutionnaires, soit par haine contre les jésuites, qui de-venaient de jour en jour plus redoutables. Sa Sainteté se miten rapport avec le cardinal de Noailles, et lui adressa un brefpour l’engager à s’occuper des moyens de faire cesser lestroubles que les disciples d’Ignace de Loyola , le grand roi etClément XI avaient soulevés et entretenus depuis tant d’an-nées dans le royaume.
Malheureusement cette première démarche manqua soneffet par la précipitation des opposants eux-mêmes. Septévêques du parti, se voyant appuyés par le chef de l’Église,crurent que la victoire leur était assurée; ils n’apportèrent^pas assez de mesure dans la manifestation de leur joie, etosèrent rédiger une lettre qui, attaquant violemment la bulleUnigenitus sur le fond et sur la forme, posait en principequ’un pape n’avait pas le droit de promulguer une consti-tution sans le consentement des cardinaux, et blâmait verte-ment le pontife défunt d’avoir procédé à la condamnation duPère Quesnel sans l’approbation de l’archevêque de Paris .
Celte lettre imprudente, qui avait été imprimée et distri-buée, fit tant d’éclat, que le pape se vit contraint de la re-mettre à la congrégation du saint-office, s’il ne voulait lui-même être déclaré quesnelliste. Elle fut condamnée par undécret, comme renfermant plusieurs propositions inju-rieuses aux prélats catholiques de France , à la mémoire deClément XI et au saint-siège apostolique.
L’abbé Tencin, l’agent secret du régent, continuait à ha-biter Rome et à donner le scandale des plus honteux dérè-