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HISTOIRE DE BENOIT XIII.
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pour les forcer à recevoir la constitution sans modification;Fleury, qui aspirait au cardinalat, voulut faire preuve dezèle, et poursuivit les religieux de la Chartreuse de Paris ,qui lui avaient été dénoncés comme quesnellistes par les sul-piciens; vingt-six de ces solitaires furent obligés de briserles portes de leurs cellules, et de se sauver de leur couventpour éviter les effets de la haine de leurs ennemis; ils se ré-fugièrent en Hollande, d’où ils protestèrent contre l’exécrabletyrannie du saint-siège.
Pour rendre à chacun la justice qui lui est due, nous di-rons que ces actes de rigueur étaient prescrits par le cardinalCoscia, et non par Benoît XIII , qui s’était montré en toustemps disposé à soutenir les jansénistes plutôt qu’à les persé-cuter. Le pontife n’était donc coupable que d’avoir placé saconfiance dans un ministre qui en abusait pour faire le mal;encore pourrait-on donner pour excuse de sa négligence,qu’il était entièrement absorbé par l’approche du jubilé dupremier quart de siècle.
Comme à l’ordinaire , les pèlerins affluèrent à Rome ,vinrent grossir les trésors du Vatican , et remportèrent enéchange de leur argent des indulgences, des absolutions, desbénédictions, des scapulaires, des chapelets, des reliquaires,des anneaux consacrés, et toutes les vétilles qui se débitentdans la boutique du pape.
L’année suivante, Benoît XIII ouvrit dans l’église deSaint-Jean de Latran un concile où assistèrent trente-deuxcardinaux et cinquante-deux prélats. Sa Sainteté avait con-voqué cette assemblée pour régler quelques points fort im-portants de discipline ecclésiastique et de liturgie; mais les