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HISTOIRE DES PAPES.
[1733. J
philosophes, qui déjà faisait rejaillir sur la France un éclatinaccoutumé, vint se ranger autour de Voltaire, et adoptantsa devise : « Écrasons l’infàme, » attaqua l’Église et lui portade si rudes coups, que depuis elle ne s’en est point relevée.Voltaire , le chef de cette légion d’esprits sublimes, resplen-dissait alors dans l’auréole de sa gloire, et battait en brèchel’autorité civile et religieuse des papes, des évêques, desprêtres, ces ennemis implacables de tous les progrès; Mon-tesquieu combattait à ses côtés pour la cause de la liberté,et publiait ses fameuses Lettres persanes; J. J. Rousseau ,Diderot , d’Alembert, entraient dans la lice et venaient ren-forcer le bataillon sacré des encyclopédistes; Maupertuis ,Clairaut, Camus, le Montais, JaCondamine, Bouguer , Godin,Jussieu, au mépris des traditions de la Genèse sur la confi-guration du globe, déterminaient géométriquement la ligurede la terre, en mesurant un degré du méridien sous l’équa-teur et un autre sous les pôles.
Tous ces grands hommes imprimaient une impulsion ir-résistible à leurs contemporains, et forçaient le tiers-état, lanoblesse et même une grande partie du clergé français , àmarcher à leur suite sur la voie du progrès, vers la conquêted’un nouvel ordre de choses. Le mouvement politique, pourêtre moins apparent que le mouvement religieux, n’en étaitpas moins réel; de toutes parts s’organisaient des associa-tions secrètes pour travailler au renversement de la tyranniedes prêtres et des rois; dans tous les cœurs se ranimaitl’amour sacré de la liberté, sentiment sublime dont les des-potes avaient comprimé les élans depuis tant d’années.Rome s’émut de cette tendance révolutionnaire des esprits;
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