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ment continuer une bouffonnerie, lui donnèrent leur voix.Au dépouillement des votes, ils virent à leur grand éton-nement qu’ils avaient fait un pape ; mais il n’était plus tempsde revenir sur un lait accompli ; et le 17 août 1740, ProsperLambertini fut proclamé souverain pontife sous le nom deBenoît XIV .
Le nouveau vicaire de Jésus-Christ était dans sa soixante-cinquième année. U sortait d’une illustre lamille de Bologne .On dit que dès sa jeunesse il avait porté ses regards ambi-tieux sur le trône apostolique, et que pendant toute sa vieil ne s’était pas écarté un seul instant de la route qu’il s’étaittracée pour y parvenir. Doué d’un esprit actif et délié, d’unepénétration extraordinaire et d’un génie observateur, il avaitcompris que pour arriver à la haute fortune qu’il ambition-nait, il devait mettre un frein à ses passions turbulentes, seplonger dans les profondeurs*de la jurisprudence canoniqueet dans les espaces imaginaires des subtilités théologiques.Ses premiers travaux lui valurent l’amitié du célèbre avocatJustiniani, qui le prit en qualité de clerc ; plus tard, Lamber-tini obtint lui-même le titre d’avocat consistorial, puis depromoteur de la foi. 11 triompha des dégoûts qu’inspirentaux esprits supérieurs les études théologiques, et composaseize volumes in-folio sur des matières ecclésiastiques. Toutce que cet épouvantable enfantement dut coûter de doulou-reux travail à la saine raison de Lambertini prouve combienétait ardente chez lui la soif des grandeurs. Un ton affectueux,des manières prévenantes, une gaieté communicative et uneapparence de franchise à laquelle personne ne pouvait résis-ter, lui firent bientôt de nombreux partisans. Il se lia avec