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HISTOIRE DES PAPES.
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réactions religieuses; il reconnut que les persécutions exer-cées par les exécrables jésuites n’avaient réussi qu’à compri-mer pour quelques instants le mouvement intellectuel desmasses; il constata qu’en France les massacres commandéspar Louis XIV et les ridicules querelles suscitées parle car-dinal Fleury, ministre de Louis XV , avaient amoncelé tantde haines, qu’il était à craindre que leur explosion ne ren-versât et le trône et l’autel; il calcula les résultats que devaitproduire une littérature en hostilité avec les pouvoirs des-potiques, attirant à elle tous les esprits et les enchaînantpar les liens indissolubles de la vérité. Quoique les diversestendances des grands hommes de cette époque s’accordassentfort peu entre elles, Benoît XIV observa que toutes conver-geaient au même centre d'activité, au même but, la destruc-tion de la royauté et de la papauté. En effet, malgré la diffé-rence de leurs idées et de leurs sentiments, les partisans de laréforme religieuse qui combattaient l’omnipotence de Borne,et les chefs du parti philosophique qui se plaçaient en oppo-sition formelle avec la monarchie, combinaient leur doublemouvement et imprimaient une force extraordinaire à celtetendance une et multiple.
Sa Sainteté, en étudiant ces divers symptômes, reconnut quel’humanité accomplissait un grand travail, que les peuples,fatigués de courber la tête, se préparaient à revendiquerleurs droits méconnus, et que le moment n’était pas éloignéoù les prêtres et les rois auraient à compter avec les nations.
Dans cette prévision, Benoît XIV résolut, pour sauver lanef de saint Lierre , de suivre une route toute différente decelle de ses prédécesseurs, et de travailler à rendre la reli-