[ 1765 .]
HISTOIRE HE CLEMENT XIII.
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sous la seule condition que les membres apporteraient quel-ques modifications à leurs doctrines en ce qui concernait lerégicide. Mais le fougueux Clément XIU avait repoussé bru-talement ces avances, en disant que les jésuites resteraientce qu’ils avaient toujours été ou qu'ils n’existeraient plus; etforce avait été à Louis XV de donner sa sanction à l’arrêtdu parlement, et de déclarer par un édit daté de Versailles ,qu’il lui plaisait que la société n’eût plus lieu dans sonroyaume ni dans les terres et seigneuries de son obéissance.
L’archevêque de Paris, Gustave de Beaumont , voulut fairede l’opposition et censurer les actes du gouvernement dansses instructions pastorales. Tout ce qu’il y gagna, fut unsecond arrêt du parlement, qui condamnait ses mandementsau feu, et un ordre du roi qui l’envoyait en exil et le relé-guait à l’abbaye de la Trappe.
L’expulsion des quatre mille jésuites qui infestaient la ca-pitale et le bannissement de l’archevêque de Paris portèrentl’irritation de Clément XIII à son comble. Sa Sainteté nesachant plus quelle digue opposer à ce qu’elle appelait la fer-mentation générale des gouvernements, lança la bulle « Apo-» stolicum pascendi munus, » remplie de louanges pour lesnoires cohortes des jésuites, toute d’injures et d’outrages pourleurs ennemis. Le parlement de Paris supprima cette bullesur les conclusions véhémentes de l’avocat Joly de Fleury,et défendit de l’imprimer en France. Le parlement d’Aix agit avec plus de fermeté encore; il fit lacérer la constitu-tion par la main du bourreau , et la fit brûler publiquement;en outre, il invita Louis XV à se saisir du comtat Venaissin pour se venger de la cour de Rome et du pape.