[ 1768 .]
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joindre l’exécution à la menace ; il s’en prit au duc de Parme ,qui était le moins redoutable de ses adversaires, somma l’in-fant don Ferdinand de restituer au saint-siège les duchés deParme et de Plaisance, et envoya des troupes pour appuyersa réclamation.
Les rois de France , d’Espagne, de Naples et de Portugal ,qui étaient unis par le pacte de famille, se prononcèrent hau-tement contre la cour de Rome, et se préparèrent à punirl’outrage qui leur était fait dans la personne d’un princede leur maison. Louis XY, sur l’avis du duc de Choiseul, litentrer des troupes dans Avignon , et s’empara du comtatYenaissin. Le jeune Ferdinand 1Y, roi des Deux-Siciles ,envahit la province de Bénévent , qu’il fit occuper par destroupes napolitaines; d’autre part, les cours de Parme , deMadrid, de Lisbonne, et les parlements de France firentlacérer la bulle de Clément XIII .
Sa Sainteté chercha alors un appui dans l’Autriche , et fitdemander des secours à Marie-Thérèse ; mais l’impératrice,mécontente des jésuites, qui, dans une occasion récente,avaient livré ses secrets à la cour de Rome , ne daigna pasmême répondre à Clément XIII , et fit supprimer dans sonduché de Milan la fameuse bulle « In cœna Domini, » quel’archevêque lisait encore publiquement une fois dans l’an-née. Le pape, repoussé de tous les côtés, sans alliés, sanssecours, humilia son orgueil, déclara qu’il était prêt à fairedes concessions, et implora la clémence des souverains.
Mais l’élan était donné, et sa soumission tardive ne pou-vait plus empêcher les progrès des réformes. Les puissancescatholiques continuèrent à s’occuper de tracer définitivement