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HISTOIRE DES PAPES.
[1783. J
les écrivains hostiles à la cour de Rome. De sorte qu’à sonretour au Vatican , le pape eut le déboire d’apprendre que saprésence n’avait nullement converti l’empereur, et que sonvoyage n’avait produit d’autre résultat que celui d’accroîtrede dix millions la dette du trésor apostolique.
Joseph II , entré plus que jamais dans la voie des réformesreligieuses, voulut renverser d’un seul coup les obstaclesqui s’opposaient à ses desseins, et accourut en Italie dans lebut de tenter un dernier effort pour amener le saint-siège àdes concessions extrêmes, ou de déclarer ouvertement sarupture avec la cour papale. 11 fut reçu à Rome commePie VI l’avait été à Vienne ; mais au lieu de rompre en visièreainsi qu’il avait l’intention de le faire, il se laissa circonvenirpar le cardinal de Rernis, ambassadeur de France , et par lechevalier Azara, ministre d’Espagne, et il consentit à con-clure avec le saint-siège une espèce de concordat.
Pie VI ne s’inquiéta pas davantage des réformes de l’Al-lemagne , et se jeta dans tous les débordements de la plus cra-puleuse débauche. Chaque nuit, le Vatican devint le théâtrede saturnales dégoûtantes, qui réunissaient le père, la lille et les deux frères, et qui rappelaient les orgies des BorgiaChaque jour Rome put apprendre par les indiscrétions desofficiers du palais quels avaient été pour la nuit les lavorisdu pape, et s’il les avait choisis parmi ses bâtards, parmi sespages ou ses galopins de cuisine.
Sa Sainteté ne remplissait plus aucune des fonctions ponti-ficales; elle passait des matinées entières à sa toilette, sefardait les joues et les lèvres, se parfumait les mains et lapoitrine ; s’étuvait avec des essences précieuses, comme la