6
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Son frère puîné, l’archiduc Charles, qui disputait au ducd’Anjou la couronne d’Espagne , lui succéda dans son gou-vernement héréditaire d’Autriche , et fut également proclaméson successeur à la dignité impériale par les électeurs desdifférents états germaniques.
Cet événement, qui paraissait devoir assurer à l’archiducla double couronne de Charles-Quint , tourna contre lui. Lesrois de l’Europe , qui jusque-là avaient soutenu ses préten-tions, redoutant de donner trop de prépondérance à lamaison d’Autriche , se retirèrent de son alliance et firent destraités de paix avec Philippe Y, qu’ils reconnurent en qualitéde souverain des Espagnes. Par suite de l’abandon de ses al-liés, Charles VI fut contraint de signer le fameux traité deRadstadt , qui mettait fin à ces terribles guerres de succes-sion qui avaient ensanglanté les Pays-Bas , l’Italie , l’Espagne ,l’Allemagne et la France , et dans lesquelles avaient péri plu-sieurs centaines de milliers d’hommes.
La paix était à peine rétablie que la passion des conquêtesjeta Charles VI dans de nouvelles guerres contre la Turquie .Le sang des peuples coula encore par torrents dans les plainesde Peterwardein et de Belgrade , pour augmenter le nombredes esclaves de l’empereur et pour ajou ter à ses états les pro-vinces de Belgrade , de Temeswar , de la Yalachie jusqu’àl’Aluta et une portion de la Servie. Ensuite il recommença leshostilités avec l’Espagne ; et afin d’écraser plus facilementcette puissance, il signa à Londres le traité d’une quadruplealliance avec la France , l’Angleterre et la Hollande, et s’en-gagea à partager avec elles les dépouilles de Philippe V ; puis,par un nouveau calcul machiavélique, il rompit avec ses