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[XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 7

alliés et fit un pacte secret avec l’Espagne elle-même. Lestrois puissances, furieuses d’avoir été indignement trompéespar Charles VI , formèrent à leur tour une contre-alliance,et menacèrent l’Autriche du poids de leurs armes.

L’empereur se ligua immédiatement avec la Prusse et laRussie, et l’Europe entière së trouva divisée en deux camps.Les peuples allaient encore s’exterminer pour soutenir lesquerelles de leurs tyrans, lorsque, fort heureusement, ladiscorde se glissa dans les deux partis : aucune des puis-sances n’osant entamer la guerre sans le concours de Ses al-liés, il en résulta un accommodement entre les potentats.Charles VI obtint pour première condition que la pragma-tique sanction qu’il avait publiée afin d’assurer la successionde ses états héréditaires à sa fille Marie-Thérèse serait ga-rantie par tous les souverains. La Saxe électorale, la Bavière électorale et le Palatinat seuls firent des réserves.

Peu de jours après que ces conventions eurent été signées,l’ambitieux Charles VI songea de nouveau à troubler la paixde l’Europe pour soutenir les prétentions de l’électeur deSaxe au trône de Pologne contre Stanislas Leczinski, l’an-cien roi, intronisé par Charles XII , dépossédé depuis parAuguste II , et qui était appuyé par son gendre le roi deFrance . D’abord les armées autrichiennes remportèrent degrands avantages sous les ordres du prince Eugène, qui at-teignait alors sa soixante-douzième année; mais ensuite, ceprince étant mort, elles furent successivement chassées deNaples, de la Sicile et de toutes les possessions de l’empire enItalie. Charles Vl'ne put sauver que les duchés de Parme et dePlaisance, encore lui lurent-ils contestés par le saint-siège.