12
HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
Aussi longtemps que Marie-Thérèse vécut, elle maintintJoseph II sous le joug de sa volonté de 1er. Cette princesseétant morte le 29 novembre 1780, l’empereur se vit enfinle maître absolu de ses étals héréditaires. C’est alorsqu’il commença cette série de demi-réformes religieusesqui le firent judicieusement appeler par Frédéric « mon» Frère le Sacristain. » 11 avait surtout à cœur de changerl’enseignement théologique dans les Pays-Bas. L’érectionseule d’un séminaire général à Louvain l’occupa pendantquatre années. Plus cette mesure était repoussée par l’opi-nion générale, plus il s’opiniâtrait à la maintenir. Elle luialiéna l’esprit des peuples de ces provinces, qui se séparèrentde son gouvernement et proclamèrent leur indépendance. 11s’aliéna également les Hongrois et les Galiciens en voulantles contraindre à l’adoption delà langue allemande; mesuretyrannique dont il fut toutefois obligé de se départir.
Joseph, dévoré d’ambition et tourmenté du désir d’aug-menter ses états, s’associa avec empressement aux projetsqu’avait formés la Russie de démembrer l’empire ottoman et de chasser les Turcs d’Europe . 11 commit même la fautede commencer les hostilités par une tentative sur l’impor-tante place de Belgrade , tentative qui échoua, et eut pourrésultat de donner l’éveil aux musulmans sur les intentionsde leurs ennemis, de faire accélérer des armements considé-rables et des levées extraordinaires de troupes en Turquie .
Le grand-vizir Youssouf-Pachâ marcha contre les impé-riaux à la tête d’une armée formidable, passa les frontières,pénétra jusque dans le cœur des provinces autrichiennes,battit tous les généraux qui furent envoyés à sa rencontre, et