[XVIII. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 15
nommer empereur, et réussit au gré de son ambition, enpromettant dans sa capitulation de réclamer pour les droitsdes princes allemands qui avaient des possessions en France ,droits fortement compromis par suite des décrets de l’Assem-blée nationale. Il tint en effet cette dernière promesse'etadressa des représentations au gouvernement français relati-vement aux intérêts des Allemands possessionnes. L Assem-blée nationale, devant qui fut portée la réclamation, décidaqu’il y avait lieu à accorder des indemnités.
L’empereur, excité sous main par sa sœur, la reine deFrance, Marie-Antoinette , refusa d’adhérer à aucüne propo-sition d’arrangement, demanda le rapport de toutes les loisqui avaient été rendues contrairement aux traités de West-phalie, et en cas de refus, menaça d’envahir les frontières.Immédiatement après cette réponse , la diète ordonna despréparatifs de guerre considérables; mais ces armements nefurent pas réalisés; les princes de l’empire, redoutant leschances aventureuses d’une guerre, préférèrent accepter lesindemnités offertes, et faire des traités de paix avec l’As-semblée législative , qui avait succédé à la Constituante. .Léopold n’en poursuivit pas moins l’exécution de ses pro-jets; il arrêta, avec le comte d’Artois, un plan d’invasiondans lequel devaient entrer l’Angleterre, cette éternelle en-nemie de la France, la Russie , la Prusse, la Saxe et lesProxinces-Unies; il fit publier dans tous les journaux del’Europe une déclaration en faveur de Louis XYI, portantqu’il voulait rétablir l’autorité absolue du roi de France .L’Assemblée législative rendit aussitôt un décret par lequelLouis XVI fut requis de signifier à l’empereur d’avoir à re-