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[xvm. s.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 17

«désir, qu’un but, prendre et toujours prendre, sans s’in-« quiéter le moins du monde de la nation; ils verront que«les ministres, les intendants, les gouverneurs et toute« cette engeance de courtisans affamés sont plus à craindre» encore que les armées ennemies; que tous s appliquent à«voler, à piller, à extorquer. Us reconnaîtront que lexis-w tence des gens qui s’intitulent officiers du roi est une ve-rt ritable vie de Bohèmes, c’est-à-dire de fripons, et non de» gens honorables. Grâce à eux, la France tombe dans hab-it jection, dans l’opprobre, et devient l’objet delà dérision de» toutes les autres puissances; le grand roi le veut ainsi ; que« sa volonté soit faite !.... »

Les volontés de l’infâtne Louis XIV furent en effet exécu-tées jusqu’au moment où il plut à Dieu d en délivrer la terre;mais lorsque le despote fut mort, les choses changèrent deface. Louis XIV avait prétendu commander jusqu’au delà dutombeau, et par son testament avait déféré les principalesfonctions de la régence, pendant la minorité de son petit-fils , au duc du Maine, un des bâtards de la Montespan qu’ilavait légitimés. Ses dernières dispositions furent cassées,et un autre que celui qu’il voulait élever au pouvoir prit lesrênes du gouvernement.

Cet autre était le fils du duc d’Orléans, frère du roi, et deCharlotte-Élisabeth de Bavière , un prince que la voix publi-que désignait sous les noms de Philippe le faussaire, Philippel’incestueux, Philippe l’empoisonneur.

Louis XIV , par suite de son caractère défiant et soupçon-neux, avait constamment tenu son neveu éloigné des armées,pour empêcher qu’il ne prît de l’influence sur les troupes.