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HISTOIRE DES PAPES.
[XVIII. S.]
11 en était résulté que celui-ci s’était jeté dans tous les genresde dissipations et de désordres pour occuper son temps. Plustard le grand roi lui avait fait épouser une de ses fdles légi-timées, mademoiselle de Blois . Ce mariage n’avait influéen rien sur sa conduite; et sa cour avait continué, commepar le passé, à être le rendez-vous de tous les débauchés duroyaume. Les d’Effiat , les Lafare, les Broglie, lesCanillac,les Nocé , les Brancas, toute la lie de la noblesse entourait leprince et lui formait une suite digne de lui. La maison desa femme n’était guère mieux composée; toutes ses damesd’honneur étaient d’anciennes maîtresses délaissées par sonmari ou des prostituées qui recevaient ses infâmes caresses.
Parmi ceux qui approchaient du duc d’Orléans, il en exis-tait un qui avait contribué plus que tous les autres à le per-vertir, et dont l’histoire se trouve intimement liée à la sienne;c’était Dubois, son ancien précepteur, dont il devait faire unarchevêque, un cardinal, un premier ministre. Ce misérableétait fils d’un apothicaire de Brives la Gaillarde dans le Li mousin . Sur l’expectative d’une bourse dans un collège, sonpère l’avait envoyé à Paris à l’àge de douze ans. La boursen’ayant point été accordée, le jeune Dubois s’était trouvé tropheureux d’obtenir la-faculté de faire ses études au collège deSaint-Michel, en remplissant auprès du principal les fonc-tions de domestique. Plus tard il était passé au service d’uncuré de Saint-Eustache , qui l’avait donné au gouverneur duprince d’Orléans, qui n’était encore que duc de Chartres ,au vénérable Saint-Laurent, l’un des hommes les plus éruditsde l’époque.
Le gouverneur s’intéressa à Dubois, lui fit quitter la livrée