IXVM.S.] CRIMES des ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 3iŸ
au 2 septembre: des groupes nombreux, répandus sur tousles points de la ville, s’entretenaient de la conspiration, etblâmaient les magistrats de la lenteur qu’ils apportaient àrendre leurs jugements contre les ennemis de la cause pu-blique. Le hasard voulut que ce jour il y eût des prisonniersà transférer de l’hôtel de ville à l’Abbaye ; dans le trajet,un de ces forcenés se mit à vociférer des cris de « vive le roi !» vive l’Autriche ! vivent les étrangers nos libérateurs ! » Undes fédérés qui escortaient les voitures essaya de lui imposersilence; le royaliste répondit en lui assénant un coup decanne sur la tête. La foule qui suivait, indignée de cet actede brutalité, fit pleuvoir une grêle de pierres sur les prison-niers et commença à les frapper. Quand les victimes lurentarrivées à l’Abbaye, elle se rua sur les vingt et un royalistesque renfermaient les voitures. Trois seulement furent sauvéspar le comité de la section des Quatre-Nations ; l’un d’euxétait l’abbé Sicard, le vertueux instituteur des sourds muets.
Tout Paris fut en rumeur et dans une fermentation extrêmepar cet événement; chacun exagéra le péril; on discuta, ons’échauffa, et les esprits se trouvèrent bientôt prêts h subirles impressions violentes que les circonstances commandaient.A deux heures après-midi, la commune fit la proclamationsuivante : « Aux armes, citoyens, aux armes ! l’ennemi est à» nos portes ! ! ! En présence des dangers pressants de la pa-» trie et des trahisons dont nous sommes menacés, le conseil» général arrête : que les barrières seront à l’instant fermées;» que les citoyens se tiendront prêts à marcher au premier» signal; que le canon d’alarme sera tiré à l’instant, que la
o générale sera battue dans toutes les rues, que les membres
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