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HISTOIRE DES PAPES.
[1804.. J
contraires aux doctrines de l’Église, et fomenta secrètementdes divisions dans le clergé français. Trente-six évêques, àson instigation, formulèrent une protestation contre les me-sures prises par le gouvernement relativement à la diminu-tion de l’ancien nombre d’évêchés ; ils s’élevèrent avec forcecontre l’asservissement du pouvoir spirituel à l’autorité ci-vile, contre les articles organiques; ils flétrirent du nom d’a-postats les prélats qui les acceptaient et les déclarèrent ex-communiés ; ils attaquèrent même les bulles apostoliques etfirent un manifeste en faveur des droits de Louis XY1II autrône, droits, disaient-ils, qu’il ne tenait que de Dieu , etqui imposaient aux Français , en vertu de la loi religieuse, desdevoirs dont rien ne pouvait les dégager. Ces réclamations,appelées canoniques, avaient pour but d’infirmer le sermentde fidélité au gouvernement établi, de soulever un schismedans l’Église, et de faire revivre les anciennes prétentionsdes papes sur la France ; mais l’hypocrite Chiaramonti avaitaffaire à un homme plus habile que lui, et il devait succom-ber dans la lutte.
Bonaparte , qui depuis le 18 brumaire s’était fait nommersuccessivement premier consul, consul à vie, et enfin empe-reur, au lieu de lui adresser des récriminations sur la con-duite des évêques, le fit simplement prévenir par le cardinalFescb, son oncle, ambassadeur de France à Rome , qu’ildésirait que sa Sainteté se mît immédiatement en route pourParis , et qu’elle vînt le sacrer dans sa capitale. Le pape, n’o-sant point résister aux volontés du nouveau césar, assemblale consistoire, fit part aux cardinaux de la résolution qu’ilavait prise de passer les Alpes , nomma Gonzalvi pour le