OCCIDENTALE D’AFRIQUE. Liv. XX. Chap. XIV. 5mandant de le servir fidèlement dans l’autre Monde, coutume barbare, qui Sectt©wmarque qu’ils ont quelque idée imparfaite d’un état à venir. Avant que de la- „ .
crifier ces malheureuses victimes de la superstition & de l’ignorance, on ri ^ s rí ^ '
L soin de les régaler de ce que le Pays produit de plus délicat. On enterre /re K íoavec elles autant de vin & de provisions que l’on juge qu’il en faut pour Sestos £?le voyage, & on leur recommande de n’en rien cacher à leur Maître. D’un Sierra-autre côté toutes les femmes qui ont eu quelque liaison avec celle du défunt, Leeua ~ _se rendent auprès d’elle, & se jettent à ses pieds, en répétant Byune, c’est-à-dire, consolez-vous, ou essuyez vos larmes. Enfin le corps est mis fur uneplanche, ou fur une petite civiere, & deux hommes le portent fur leurs é-paules au lieu de la sépulture. On jette avec lui dans la fosse les esclaves quiont été sacrifiés, les nattes, les chaudrons, les bassins & las autres ustensilesdont le défunt se servoit. On le couvre d’une natte, sur laquelle on jette assezde terre pour arrêter les mauvaises odeurs. Les parens élèvent une petite cabaneau-dessus du tombeau, & plantent au coin du toit une verge de fer, à laquel-le ils suspendent les armes du mort. Si c’est une femme qu’on ait enterrée,ils y attachent au - lieu d’armes, les bassins & les gobelets dont elle se ser-voit. Pendant plusieurs mois ils apportent tous les jours des vivres & desliqeurs , pour nourrir le mort dans le Monde où ils le croient passé (a).
C’est la coutume d’enterrer toutes Jes personnes d’une famille dans le mêmelieu, à quelque distance de leur habitation qu’elles puissent mourir. Lescimetières font ordinairement dans quelque ancien village abandonné, quiprend alors le nom de Ta?nburby. Ils étranglent les esclaves qui doivent êtreenterrés avec les Personnes de distinction, parcequ’ils croient le sang hu-main trop précieux pour être répandu. Cette barbare coutume commenceà s’abolir dans plusieurs cantons, & dans ceux où elle est encore en usage,les esclaves se cachent souvent aussitôt que la vie de leur Maître est en dan-ger. A-la-vérité ils s’exposent à des reproches à leur retour, de ce qu’ayantmangé le pain de leur Seigneur ils refusent de mourir avec lui (/;). Ils ontencore une autre coutume, c’est que les proches parens & les amis d’unmort observent un jeûne après les funérailles. II n’est que de dix jours pourles personnes du commun, mais de trente pour le lloi ou pour un Hommede distinction. Ceux qui s’engagent à l’obferver, jurent en levant les deuxmains au Ciel, qu’ils ne goûteront pas de riz pendant cet intervalle, qu’ilsne boiront aucune liqueur qu’on tienne dans un vase, qu’ils n’auront aucuncommerce avec leurs femmes, qu’ils ne porteront que des pagnes noirs &blancs ; les femmes font vœu de laisser pendre leurs cheveux, de coucherpar terre, & de se priver desembrassemens de leurs maris. A la fin du jeû-ne , les pénitens levent les mains au Ciel pour le prendre à témoin qu’ils ontrempli leur engagement (c).
II n’y a point de Nation parmi les Negres, où les cérémonies & les for- Vfagesjm •malités soient en plus grand nombre que chez les Quojas ; & le moyen le S?-‘ Cf _' splus infaillible de se concilier leur affection , c’est de marquer du goût pour ^ uojas 'leurs usages. Ils en ont plusieurs qui font honneur à l’humanité. Une fem-me accusée d’adultere par la seule déposition de son mari, est déclarée in-
0 ) Dspptr, p.m.261. (b) Lc même, p.asia. (c) Le même, p. 102,203.
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