74 HISTOIRE DES PAYS DE LA COTE
Sjjctioh La Compagnie entretient dc Jamesfort un commerce réglé avec divers. X . V1, lieux voisins. Elle envoye à Saint*Jago & aux autres Isles du Cap Verd tou-Gnmbso* tes lottes de grains, & en apporte du sel , qui est une des marchandisesCommerce à meilleur débit fur la rivière de Gambie. Elle fait Commerce à Cachauxlueies Eu-en cire, mais avec peu de profit, parceque cette cire est souvent si saleropéens q U ’ 0 n y perd vingt ou trente pour cent. Le principal Commerce de Gam-y fini &c . e ft ce [ u j Jel’or, des esclaves, de l’yvoire & de la cire ; celui de laCommerce gomme n'a pas été jusqu’ici fort considérable. II y a des années que lesdes An- Facteurs achetent jusqu’à deux-mille esclaves ; la plupart font des prisonniersglois fur la ^ guerre, des gens enlevés dans les Pays voisins, & des criminels ; il y enGambie* a néanmoins qui font des enfans d’esclaves que les Portugais élèvent pour' ]es vendre. Comme le nombre de ceux qui ont été enlevés par trahison estassez grand, les Facteurs de la Compagnie ont ordre de ne les pas acheter- fans en avoir informé l’Alkade ou Chef du lieu , pour qu’il prenne les in-formations nécessaires. Depuis que le Commerce des esclaves a rapportétant de profit aux Princes Negres, l’exercice de la Justice est devenu plussévere, & tous les crimes, même des fautes légeres, font punis de l'escla-vage ; le meurtre, le vol, l’adultere font confondus avec les moindres fautes.Moore raconte qu’un Negre de Mayer , voulant tuer un tigre qui dévo- 'roit une chevre, tua par hazard un homme. Le Roi, bien-qu’informédescirconstances du fait, le condamna avec toute fa famille à être du nombredes esclaves qu’il devoir vendre aux Anglois.
L’yvoire est le troisième article de Commerce, cc qui fait que les Man-dingues apportent quelquefois un grand nombre de dents d’élephans. Ils seles procurent, ou par la chasse en tuant ces animaux à coups de fléchés &de dards, ou par leurs recherches des carcasses de ceux qui font morts natu-rellement. Mcore ne décide point si ces animaux en changent. La plus grossequ’il ait jamais vue pefoit cent-trente livres ; le prix du quintal augmentebeaucoup par la grosseur des dents, fans aucun égard à la couleur.
La cire tient le quatrième rang dans le Commerce de Gambie ; tous lesPays qui font le long de cette riviere en fournissent une prodigieuse quan-tité. Les Negres suivent avec les abeilles assez la même méthode qu’on aen Europe. D’ailleurs outre la gomme, dont le commerce n’a pas encoreété porté bien loin ni perfectionné, il y a plusieurs autres articles moinsconsidérables que celui-ci, (k qui ne laisseroient pas d’être avantageux si onfavoit les mettre à profit;les François fe font en quelque façon rendu maî-tres du Commerce de la gomme fur le Sénégal (*).
Commerce Avant que de quitter ce sujet, il faut encore donner une idée du Com*ífeí . l r ? n / ' merce que les François & les Portugais font fur la riviere de Gambie. LePortugais* Comptoir d’Albreda appartient aux premiers, il s’y fait un commerce assezS ' considérable, mais qui le deviendroit beaucoup plus, suivant Moore, si lesFacteurs François n’étoient pas convenus avec les Anglois, de ne point haus-ser
C*) Nous ignorons quelles fuites la prise de cet Etablissement par les Anglois pourraavoir à cet égard ; mais nous osons dire hardiment que à on le garde, la gomme fera tou-jours le grand article du Commerce d’Afrique.