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26 (1766) La suite de l'histoire d'Afrique; savoir l'histoire moderne de Barbarie, des royaumes de Maroc et de Fez, d'Alger, de Tunis, de Tripoli, de Barca, et l'histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou des chevaliers de Malthe
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DE BARBARIE. Liv. XXI. Chap. III. 327pes furent aussi traitées avec beaucoup damitié & de générosité. Le Pi- SncnoMrate enflé dune réception si extraordinaire, & des grands égards quon V.avoit pour lui, conçut !e perside dessein de semparer dAlger & de sonterritoire , & de sen rendre Souverain. Sa feule crainte fut, quune la

lâche trahison ne refroidît ses Turcs & ses Maures, que les autres ne voulus- fn du set.sent pas en être complices, & même quils ne révélassent son projet à Se- ziemi fie.lïm , & ne labandonnassent à son ressentiment. II commença donc par com - cle -muniquer son projet à ses principaux Officiers, qui y applaudirent, & lui pro- "mirent de lassister & de garder un secret inviolable.

En attendant les soldats de Barbcroufsc en agissoient avec toute linfolen- Smìngraice possible dans la ville & à la campagne, commettant impunément les plus iitUsl * e *grands excès, parceque les Algériens nosoient ni nétoient en état de sy ^/iens.//opposer. Barbcronjse de son côté fermoit les yeux sur la conduite de ses fol- h luc £ U te .dats, & les encourageoit même fous main, persuadé que cela donneroit lieu 1117, & Jeà des troubles dont il prositeroit pour exécuter fa trahison. En attendant Jaitprocia-,pour tromper mieux les Algériens, ce Pirate fit dresser une batterie de ca- ^seeu110ns à la Porte de la Marine, vis-à-vis du Fort des Espagnols, à la diílan- bce environ de cinq-cens, ou selon dautres de trois-cens pas (a). II le fitbattre inutilement pendant un mois, parceque le canon étoit trop petit ,&ilremit son expédition à un autre tems. En tout cela il se conduisit avec tantde hauteur, sans prendre avis du Prince Selim & fans faire aucun cas delui, tandis que ses soldats traitoient les habitans avec une tyrannie brutale,que les Algériens ne purent plus douter de son dessein , & se plaignirent sipubliquement de sa perfidie, quil eut tout sujet de penser quils tente-roient bientôt de sopposer de tout leur pouvoir à ses vues. II résolut de lesprévenir, dôterlavie au Prince Eutemy , de se faire proclamer Roi par sestroupes, & reconnoître de gré ou de force par les habitans (*) ; ce quil

(«) Comparez Tajfy p. n. avec Morgan p. 236.

ex-

(*) Un Auteur de notre tems ajoute que ce qui contribua à faire hâter lexécution decette barbare entreprise, cest la passion que Brvbstoiff: avoit conçue pour la belle Za-phirn, femme du Prince lìntemy. 11 nous apprend quil a tiré cette anecdote ( du nManuscrit en velin, qui est entre les mains dun célébré Marabout, qui prétend descen-dre de la famille de cet infortuné Prince. Voici en substance JHisloire. La Princesse ayant;rebuté avec indignation lassassin de son mari, 6c le tyran qui avoit réduit le RoyaumedAlger en esclavage, sa passion nen devint que plus violente,& il prit la résolution du-fer de force avec Zaphira, & ia menaça de ne la plus ménager. La Princesse, qui re-douta alors fa premiere visite, mit un poignard fous fa robe, 6c prépara une dose dun>violent poison, dans le dessein de lui percer le cœur, ou de fe donner la mort si elle mnn-quoit son coup. Le lendemain Barberouffe se rendit dans fa chambre , il fit sppeller tou-tes les femmes de Zaphira , 6c les ayant enfermées fous la clef, il entra auprès de !a Prin-cesse, quil trouva assise fur son sofa, les larmes aux yeux, & le cœur pénétré de dou-leur. 11 employa dabord la douceur pour la porter á fe rendre, mais lui ayant répondu»de la maniéré- la plus outrageante, il ne garda plus de mesures & fe jetta fur elle. CetteHéroïne fe saisit du poignard quelle avoit ,& tâcha de le lui plong< r dans le cœur. Maisle Tyran ayant paré le coup, ne reçut quune blessure ru bras. II la laissa un moment pourbander saplaye, 6c appella un de ses Gardes pour désarmer Zaphira , bien déterminé à

la

( Jy>, Préface de son Histoire du Royaume dAlger»