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26 (1766) La suite de l'histoire d'Afrique; savoir l'histoire moderne de Barbarie, des royaumes de Maroc et de Fez, d'Alger, de Tunis, de Tripoli, de Barca, et l'histoire de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, ou des chevaliers de Malthe
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DE BARBARIE. Liv. XXI. Cmp. 111.

liais ; il ne sut pas plutôt que Gascon , le Chef & lAuteur de Ientreprise Sncrin>étoit en sa puissance , quil appareilla dabord pour Alger , s a ns sembar- V. Krafler du reste, Jugeant bien quil ne pouvoit amener au Bacha un prisonnier Histoirequi lui fît plus de plaisir. «AIger

, Aussitôt que Mahamed leut entre ses mains, íi ordonna quon dressât un&^ífgibet fort haut dans lendroit même Gascon avoit pris terre , & de Yyzímependre par les pieds à un crochet , afin de le faire mourir dans les pluscruels tourmens; outre .cela, pour témoigner son ressentiment & son méprispour le Roi dEfpagne, il donna ordre dattacher fa commission aux orteilsdu prévenu. La sentence fut exécutée de point en point ; les Turcs irritésapplaudirent hautement à la sévérité du Bacha, tandis que Je prisonnier, ditnotre Auteur (<j) , souffrit cet horrible supplice ,avec la patience & la con-stance dun Martyr ; car il le regarde comme tel.

11 ny avoit guere encore quil souffroit, lorsque Délit Rais , le Capital- Remm-ne Renégat qui lavoit pris ,, vint trouver à la tête des autres Capitaines trames e nCorsaires le Bacha ; il lui représenta dans les termes les plus forts, combien ^ íayeuril y avoit dinjustice & de cruauté à condamner des prisonniers de guerre àde si étranges supplices ; & que cétoit le vrai moyen dengager les Efpa-gnols & leurs autres ennemis à user de représailles, ensorte quils pourroientun jour ou lautre avoir le même fort , à moins quil réordonnât fur lechamp quon détachât !e prisonnier , & que lon en prît soin ; ils ajoutè-rent, quà légard du projet quil avoit formé contre eux , il ny avoit rienen cela que ce quune Nation pratiquoit contre lautre , & que ce queux-mêmes seroient prêts dentreprendre contre un ennemi quelconque, sils le

pouvoient.

Ils engagerent enfin par ces raisons & par d autres du même genre le Ba- Iiest fat-vicha à leur accorder ce quils demandoient. Gascon fut non seulement des- & '«fritecendu du gibet mais porté dans le Bagne Royal, les Chirurgiens dire - exietu ^tiens prirent foin de lui , & tout le monde alla le voir par curiosité.

Mais il paroît que fa destinée nétoit pas déchapper à si bon marché. Lepeuple murmura si haut, que le Bacha se repentit de sa condescendance- àpeine y avoit-il deux jours quon J'avoit sauvé du supplice , quil vint desMaures, qui disoient arriver dEspagne, & qui affuroient, soit avec véritésoit faussement, quon y croyoit & quon y disoit généralement, que ksAlgériens noseroient toucher à un cheveu de Gascon , de peur que la Flotte Chré-tienne ne vint abîmer leur ville. Le trop crédule Bacha en fut fl irrité quiidonna ordre qu on arnenat le malheureux Gascon, & quavec une poulie onle montât au haut du mur de la ville , & quon le précipitât sur les crocs;heureusement pour lui, il y tomba sur le ventre, ce qui le blessa si mortel-lement quil expira sans jet ter un cri. Le ressentiment du Bacha ne se bornapas à cela , il ordonna de pendre le corps à la muraille pour inspirer de laterré r, & ce cadavre y resta , jusqu à ce quétant en partie consumé,quelques Esclaves se hazarderent de lenlever pendant la nuit, & Ienterrerentsecrettement dans le Cimetière des Chrétiens, qui est hors de ia porte oc-

Tome XXFI.

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