z<§4 HISTOIRE MODERNK
Section H p^slâ toute Tannée à Tunis pour régler les affaires de ce Royaume, &V. retourna au moi s de Février dans son Gouvernement,- il laissa en qualité deHiftmre Viceroi à Tunis un Renégat Sardinois, nommé Ramadan Sarde , qui devint^Alger depuis Bacha d’Alger ; il nomma aussi pour Général de la campagne un au-faJasei - cre Renégat, Napolitain de nation, qui s’appelloit Mohamed , L mit trois-ziemt fii- mille Turcs dans la ville, après quoi il alla par terre à Alger , où il arrivaele., vers le milieu du mois de Février. 11 n’y resta qu’autant qu’il lui fallut de" teins pour préparer tous ses Capitaines & toutes fes Galères , auxquels ilavoit envoyé fes ordres d’avance pour une expédition prête à se faire. II fitvoile d’abord pour Constantinople, afin de solliciter le Grand - Seigneur àlui accorder une Flotte pour reprendre le Fort de !a Goulette sur les Espa-gnols, parceque fans cela il n’étoit guere possible de conserver Tunis, dontce Château fait la principale force. Ce fut- là au moins le prétexte de sonexpédition, car tout d’un coup il changea de route pour intercepter qua-tre Galères dè Malthe , qui étoient alors dans le canal entre Malthe & laSicile, Les Malthois se voyant surpris, jugèrent que le meilleur parti étoitde tâcher dè s’échapper ; trois s’enfuirent à force de voiles & de rames ; lasainte Anne fut la feule qui combattit , & après avoir soutenu Teffort dehuit Gáleres Algériennes pendant plus de deux heures, elle ne se rendit quelorsque tous les Chevaliers & la plupart des gens de Téquipage eurent ététués ou mis hors de combat. Le Bacha poursuivit alors les trois autres, ilen joignit deux , & les combattit avec le même succès ; il y trouva unegrande quantité de riches marchandises , & quelques centaines d’esclaves,la plupart Maures, à la chaîne. II retourna tout droit avec ces prises à Al-ger , & fit suspendre à la voûte de la Porte de la Marine la plupart desboucliers des Chevaliers , avec Timage de Saint Jean,, qu’on avoit enlevéede la poupe de la Capitane , comme des trophées de fa victoire. Celan'empêcha pas néanmoins qu’il ne fût fort brouillé avec la Milice , & qu’ilne courût risque plusieurs fois de la vie, parcequ’ils n’étoient pas payés ré-gulièrement selon leurs réglemens ; négligence qu’un Viceroi d’Alger nepeut éviter avec trop de foin. Mais bien loin delà Ali laissa aller leur ressen-timent à un tel point, que selon toutes les apparences il auroit été assassiné,s’il ne se fût tenu renfermé dans son Palais, en attendant que fa Flotte fûtde nouveau équippée, & qu’il pût aller au plutôt en course. Au mois d’A-vril letems étoit fort orageux, de forte qu’ayant le vent contraire, & lesjá-'nissaires irrités à fes trousses, il fût contraint d’aiguillonner tellement fes ra-meurs,, qu’il y en eut qui expirèrent la .rame à la main fur fa Galère, avantqu’il fût hors de leur portée. Tandis qu’il faifoit voile vers le Levant, ûreçut ordre de la Porte d’aller avec fes Galères à Coron en Mòréè joindrela Flotte Ottomanne, destinée contre fille de Chypre. II obéit avec toute 'la diligence possible, ayant vingt bons Vaisseaux , bien pourvus d’hommes& de munitions ; son arrivée donna, beaucoup dè joie aux Turcs , charmésd’avoirun Capitaine aussi expérimenté pour les accompagner. Gè fut danscette expédition que fe donna la célébré bataille de Lépante , íì glorieuseaux Chrétiens & si fatale aux Turcs. Mali Bacha-, qui commandait , ’“ 1 ^
gauche , fut. le seul qui s’en cita avec honneur. Entre
aile
autres exploits Mlof-