dre & fesTempliers»
DE M A L T H E. Liv. XXI. Chap. VII. " 55ï
pitaliers, d’un Château qu’il possédoit proche de celui de Margat.il en porta Sectioitfes plaintes aux Hospitaliers ses Seigneurs ; ces Chevaliers fans autre cérémonie U-sortent furie champ avec quelques troupes, présentent l’escalade au Château, ymontent s épée à la main, 1’emportent & en chassent à leur tour les Templiers ; tordred’une affaire particulière il s’en fait une générale entre les deux Ordres, deMalthe.qui en vinrent à une espece de guerre. Leurs amis prirent parti dans cettequerelle , & la Guerre Civile s’allumoit insensiblement dans un Etat où iln’y avoit point de Souverain assez autorisé pour réprimer les entreprises dedeux Partis auss puissans & aussi animés. Enfin le Patriarche & les Evêquestrouvèrent moyen de les engager à une suspension d’armes, & à remettreau Pape la décision de leurs différends.
Innocent III. occupoit le Siégé lorsque les Députés des deux Ordresvinrent à Rome, & ce fut devant lui qu’ils porterent "affaire. Le Pape or.donna par une Sentence préliminaire, que les Hospitaliers remettroient auxTempliers le Château d’où ils les avoient chassés, & qu’au bout d’un moisil seroit permis à l’ancien propriétaire du Château de les citer devant Ies-Officiers de la Justice de Margat , mais que pour éviter tout soupçon departialité les Hospitaliers permectroient que des Juges étrangers décidassent.l’affaire. Le Pontife écrivit aussi aux Grands-Maìcres ; il les exhorte à con-server entre eux s union & la paix, & à renoncer à leurs jalousies & à leurs-querelles, qui étoient si dangeureuscs pour la Chrétienté, & si agréables auxTurcs & à leurs autres ennemis ; il leur ordonne de se soumettre à la déci*sion des Juges, fous peine d excommunication, & de tout le poids de sonindignation. II blâme dans fa Lettre à Geofroi le Rat, les voies de fait parlesquelles il avoit voulu établir fes droits ; ajoutant qu’il avoit mieux aiméaccommoder cette affaire par une amiable composition , que de prononcerun jugement de rigueur,& quiauroit couvert dehonte le parti qui avoit cerf..
L’affaire se décida en faveur des Hospitaliers, & les prétentions des Tem-pliers furent déclarées injustes j on remit le Gentilhomme en possession deson Château, le calme & la paix se rétablirent entre les deux Ordres, dumoins en apparence, & dans la fuite Je Pape écrivit aux uns & aux autrespour leur recommander les intérêts du Roi de Chypre (a). Cependant L' n’yavoit guere d’apparence que l’union subsistât lorigtems entre les deux Or-dres, íi ce qu un Historien (b) rapporte est vrai, que les Hospitaliers pos-sédoient en ce tems-là dans retendue de la Chrétienté juíqu’à dix-neuf.mil»le Manoirs outre plusieurs autres revenus, & que 1 es Templiers n'avoientque neuf-mille de ces Manoirs; origine d’une jalousie secrette, qui dans>la suite produisit les plus funestes effets jusqu’à l’entiere extinction des.Templiers.
Environ six ou sept ans apr.ès raccommodement dont nous avons parié ,,mourut Amauiry de Lusignan, fans avoir eu d’enfans d'Isabelle sa derniere •femme, desorte que la Couronne de Chypre échut à son fil s llugyps, npd’un premier mariage. 11 laissa le Gouvernement du Royaume aux. Hospi-taliers, à cause des divisions qui y regnoient. La Reine Isabelle ne lui
àyant
U) Bbjìo, Megifer, Polos & c- ■ (b) Manb. Pnrís. ad ann. 3214. iaHenn
ric. 111. Venot T. 1. p, 338,