>j AVERTISSEMENT
toute sa vie, la passion de repousser l’injustice, dequelque part qu’elle vînt, soit qu’elle agît contre lui ,soit qu’elle s’élevât contre un autre.
On se plaint, peut-être sans raison, que le théâtredégénère. Si le fait est vrai, il importe d’en connaîtreles causes. Ce n’est pas manque d’auteurs : jamais onn’écrivit autant; ce n’est pas faute d’acteurs : jamaisla comédie française n’en eut un aussi grand nombre ;ce n’est pas faute, de, spectateurs : jamais on n’a plusfréquenté les divers théâtres.
Le genre noble, le seul utile, le seul qui donne dola gloire , est le seul qui semble négligé. Ce Compteque nous publions jettera peut-être quelque jour surles motifs qui éloignèrent les 1 esprits les plus fécondset les plus élevés qu’il y eut alors, d’une carrière siattrayante par les illusions les plus flatteuses.
Les théâtres d’Athènes et de Rome ont dégénérélong-temps avant d’être abolis : il y en eut aussi descauses ; elles furent très-différentes de celles qui nui-sirent au théâtre de Paris , mais elles finirent paranéantir ces antiques théâtres.
Si quelque auteur, dans ces siècles de décadence ,eût fait un ouvrage du genre de ce Compte rendu, il eûtpeut-être prévenu leur ruine. Nous saurions du moinspourquoi l’on se dégoûta de travailler dans le genrede Sophocle et d’Euripide , de Plaute et de Térence ;•pourquoi l’on cessa de jouer les pièces de ces pères duthéâtre dans des temps et dans des pays où l’on par-lait encore leur langue ; pourquoi, au lieu des Roscius ,on n’eut plus que des Bathilles et des Mimes, vils