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Tome septième. Correspondance II.
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AVERTISSEMENT

bals, il neût invité les auteurs à former une académiedramatique.

Les Académies, en rapprochant des hommes quisestiment, adoucissent souvent les aspérités du ca-ractère, dissipent des préjugés que la diversité desopinions engendre quelquefois entre des hommes quine se sont jamais vus ; elles font naître de lamitiéentre leurs membres , les engagent à se rendre justiceet à se faire valoir mutuellement.

Les meilleurs esprits , fatigués des dégoûts quilséprouvaient en travaillant pour la comédie française ,de la perte du temps qui sécoulait avant quon pût ouquon voulût jouer leurs pièces, cherchèrent dautresoccupations ; les uns abandonnèrent entièrement lascène française. Piron porta ses talents à la farce ditethéâtre italien ; Le Sage , et dautres auteurs, suivirentcet exemple.

Un misérable théâtre de la foire acquit de limpor-tance , et séleva par les travaux de quelques hommesdont les talents auraient fait, et ont fait même quel-quefois , honneur à la scène française.

Favart mit de la régularité et de lintérêt dans cethéâtre forain 5 Sedaine en augmenta la force et lecharme ; Marmontel y ajouta de lénergie. Insensible-ment ce théâtre prit une marche dramatique, pénétradans la capitale, sy domicilia, et devint enfin un ri-val doublement redoutable pour la comédie française.

Je dis doublement redoutable, car il leur enlevait debons auteurs, et empêchait quil ne se formât de bonsacteurs.