Band 
Tome septième. Correspondance II.
Seite
VII
JPEG-Download
 

DE LÉDITEUK. Y1 ï

par leur astuce dans lart de la chicane , et tantôt parleur crédit auprès du ministre ; ils mirent de lainotu -propre à lemporter sur le simple bon sens , la droi-ture naturelle et lincurie de la plupart des auteurs ,hommes isolés, studieux, ignorant les affaires , dé-nués dintrigues, de crédit, de tous moyens dobtenirjustice ou protection.

Lun de ces avocats, vain de son élocution un peuverbeuse, quoique brillante, mit sa gloire à joutercontre lesprit méthodique et calculateur de M. deBeaumarchais . Sil égarait la question, sil captait labienveillance des supérieurs, sil surprenait une deci-sion au ministre, la cause des auteurs était a jamaisperdue. Cest le secret de toute laffaire.

Mais pourquoi les comédiens avaient-ils un conseilde plusieurs avocats ? Pourquoi ce conseil craignait-ilque, dans une discussion avec un auteur, les comé-diens ne comparussent, comme les autres sociétés decommerce ou de finance , devant les tribunaux insti-tués pour juger les causes des particuliers? Pourquoiles comédiens, dirigés par leurs avocats, fesaient-ilsévoquer au conseil du roi leurs différends avec ceuxqui leur fournissaient des pièces de théâtre, quand ilsny fesaient pas évoquer leurs contestations avec lesmarchands qui leur fournissaient des objets bien moinsessentiels à leur existence? Et pourquoi le Conseil duroi ne jugeait-il jamais aucune de ces sortes daffaires?

Sans ce conseil davocats, les difficultés se seraientaplanies très - aisément , comme se dissipèrent enune seule séance celles qui sélevèrent entre les ac-