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multitude, laissèrent la malheureuse Bretagne dépeuplée de saplus brillante jeunesse & ouverte de toutes parts aux ravagesde ses éternels ennemis. Plusieurs fois les Bretons réclamèrentle secours des Empereurs Romains, mais toujours en vain.Ils prirent le parti de se nommer eux-mêmes des Rois de leurNation, qui, au lieu de la défendre, se déchirant mutuelle-ment, la réduisirent à la plus extrême détresse. Enfin, aban-donné à lui-même, épuisé d’Artistes par Maxime 8c Constantinqui les avoient tous transportés dans le Continent, ce peuplen eut pas même assez d’art 8c de courage pour relever les rem-parts qui faisoient sa sûreté. Ils se bornèrent à en réparer lesbrèches avec de la terre ou du gazon. SousThéodose II, Gallion,par un reste de pitié , conduit une légion à leur secours, lesdélivre encore une fois de leurs ennemis, leur aide à construirequelques remparts, leur apprend l’art de la guerre 8c celui defabriquer des armes pareilles à celles des Romains. II s’em-barque ensuite avec toutes ses Troupes, 8c depuis ce tems, lesRomains ne revinrent jamais en Bretagne.
Après leur départ les Bretons, comme une famille éperduedont le Chef a péri, cédèrent avec un découragement univer-sel à leur destinée. Leur désespoir ne se manifesta que pard’inutiles plaintes. L’o p pression avoit anéanti leur courage 8cleur génie. Quelques-uns agirent encore, mais avec tant delenteur 8c de désordre, que leurs travaux furent perdus poureux. Rome avoit détruit l’indépendance de leurs tribus, abolileurs anciennes loix , rompu par degrés les liens qui avoientété les soutiens de leurs Dynasties 8c bouleversé toute la formede leur Gouvernement. Les Soldats, accoutumés à combattredans leurs bois , lorsqu’ils se voyoient renfermés dans des Fortsou des Châteaux, y languissoient dans la tristesse , comme desesclaves en captivité. Une famine affreuse vint bientôt aprèsmettre le comble à leur infortune.