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Dès l’aurore du Christianisme on remarque trois Archevêchésétablis en Bretagne, York, Londres 8ç Caerlaon, ayant vingt-huit Evêques pour suffragans. On n’y trouve point d’exemplede Roi détrôné ni de couronne transférée à un autre par lafeule puissance du Clergé. On y voit seulement quelquesRois malfaiteurs excommuniés 8c condamnés à la Pénitencepar l’autorité des Conciles ; c’est à quoi fe bornoit la puissanceEcclésiastique.
Jamais guerres ne furent plus sanglantes que celles que soufflale fanatisme. Les premiers Saxons qui abordèrent dans l’ìle,animés par leurs succès, se montrèrent sur-tout ennemis de laReligion Chrétienne. Ils s’attachoient aux possessions du Clergé,immoloient par milliers les malheureux Bretons , qui, intré-pides à la voix de leurs Prêtres, fiers de gagner la couronnedu Martyre, alloient se précipiter eux-mêmes fur les épées deces sauvages idolâtres.
La superstition des Saxons étoit de toutes celles qui aveu-gloient les Germains la plus grossière & la plus barbare, ellen’étoit fondée que fur des fables absurdes transmises par leursancêtres fans plan ni système, sans aucune liaison ni rapportavec les institutions politiques. Woden qu’ils croyoient le pre-mier ancêtre de tous leurs Princes, étoit regardé comme leDieu de la guerre, & dès-lors il devint le premier Dieu decette Nation guerrière. Ils se persuadoient que s’ils gagnoientla faveur de cette Divinité, ils feroient admis après leur mortdans son Palais 8c que là dans le repos 8c la mollesse , ilsboiroient à loisir leur boisson d’orge 8c de houblon dans lescrânes des ennemis qu ils auroient tués dans le combat. Excitéspar l’espoir de cet affreux paradis, qui satisfaisoit à la fois leursdeux passions chéries, l’intempérance 8c la vengeance, ilsméprisoient le danger 8c irritoient encore leur férocité natu-relle par l’aiguillon de la Religion. On connoît peu leurs dogmes
théologiques %