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dans fa flotte. Enfin les vents paraissent fe rendre à fervœux : les voiles font enflées , & toute l'armée arrive auPort de Saint-Valéry, en perdant néanmoins plusieurs Vais-seaux dans ce court trajet.
Au moment où il comptoit cingler directement vers lescôtes d’Angleterre , un nouveau contre - tems vint éprouverfa constance , & semer la défiance dans les esprits. Cettemultitude de têtes ardentes & fanatiques , aussi superstitieusesque braves , s’imaginèrent que le Ciel fe déclarait contreTentreprife de leur Chef, & prenoit la défense de TAngle-terre. Unç foule de Guerriers commencent à fe mutiner, àdéserter leurs drapeaux, . Dans cet embarras, où la valeur• ne peut rien , Guillaume chercha un expédient analogue. à leurs craintes imaginaires ; il ordonna une Procession. folemnelle de son armée , où Ton porta en pompe les. Reliques de Saint-Valery. Son bonheur voulut que les. vents changeassent auffî-tôt, & les esprits, aussi mobiles, que les vents, fe retournèrent comme eux veis TAngle-. terre, & Tefpérance de fa conquête. C’étoit aussi la veille. de la Fête de Saint-Michel, le Patron de la Normandie.. Nouvelle raison de croire que le Ciel étoit pour eux : .Guillaume saisit Tinstant & presse le départ; toute son arméearrive heureusement àPevensey sur la côte de Sussex. Harold,fur un faux avis du retard ou du découragement de Guillaume,avoit licentié fa flotte ; toute la côte étoit déserte & sonennemi débarque sans opposition.
CHUTE