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peuple pour contenter le Soldat, dont il avoit besoin. Ses Vété-rans abandonnent en route son armée, que recrutent des Troupesfraîches, mais qui ne les valoient pas. Gurth, son frère, conçoitdes pressentimens sinistres fur l’évènement. II donne à sonfrère le sage conseil d’éviter une bataille décisive , lui exposela situation des Normands, forcés de vaincre ou de périr, &n’ayant plus de flotte pour leur retraite; la résolution désespéréede Guillaume, qui avoit lui-même renvoyé ses Vaisseauxpour ne laisser de ressource à ses Troupes que dans la victoire;son impuissance de faire subsister une si grande multitude, sion le consumoit par de simples escarmouches & par une sagelenteur; I’avantage de Harold, qui dans le sein de son Royaume,6c au milieu de ses Sujets affectionnés , étoit assuré de trouvertout ce qui manqueroit à Guillaume. Gurth, voyant son frèreinflexible, lui conseilla du moins de se retirer, de ne pashasarder sa personne Sc sa vie dans cette première action, &de se ménager pour un revers, fans risquer en un seul jour laliberté Sc l’indépendance de son peuple.
Harold trop brave pour céder à un autre le danger Sc l’hon-neur de cette première journée , Sc fier de son premier succès,fut sourd à ces remontrances, Sc voulut combattre Guillaumeen personne. II arrive auprès du Camp ennemi, établi prèsde Hastings , Sc compte si bien fur la victoire, qu’il envoieproposer au Duc une somme d’argent, s’il veut évacuer leRoyaume fans effusion de sang. Guillaume rejette son offre &lui députe quelques Moines, qu’il charge à son tour de sespropositions. . Ces Moines, en présence du Camp d’Harold, le» somment au nom du Duc de lui résigner une Couronne. qui lui a été transmise par Édouard, usurpée par un par-» jure, confirmée par le Chef de f Église ; Sc lui laissant le
• choix ou de la tenir du Duc, à hommage, ou de remettre
• leur querelle à la décision du Pape , ou bien à celle de leur