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Tome I.
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demander à son père, sans anticiper ces jouissances, que toutfils doit attendre au moins patiemment du cours de la Nature.Sa demande n’ëtoit qu une réclamation.

. Cependant c’est avec ces avantages que Robert se présents» aux pieds de son père qu’il a terrassé, sollicitant avec larmes» le pardon de fa méprise & plus encore du soulèvement qui, l’a occasionnée. Le premier moment fut sans doute pour. Guillaume celui du dépit & de la honte. Mais bientôt ce

• sentiment fait place à toute la fierté du Conquérant. Ses., yeux étincellent de colère, son visage s’enflamme : pressé

• d’aller cacher fa confusion, il ne s’apperçoit pas que ce

• Robert, son Vainqueur , lui prête son cheval & lui sert« d’Ecuyer pour le monter. Un regard féroce, un bras mena-

• çant annonce dans Guillaume une ame palpitante de fureur; &» c’est avec toute cette expression de la vengeance, qu’en acca-

• hiant de malédictions son fils, il désespère son repentir ôc« sa soumission. .

Mezerai se trompe , en précipitant la réconciliation du père& du fils que les Historiens anciens & modernes n’amènentqu’à la fuite de cette malédiction prononcée, & que l’on dûtà l’entremise des Seigneurs Normands de la Cour de Guillaume,aux bons offices de la Reine Mathilde, dont apparemmentle Roi n’avoit garde de soupçonner les intelligences avec.son fils.

Mais qu’on ne s’y trompe point, le ressentiment du père.a bien pu se refroidir , sans que le cœur du Monarque aitabjuré son ambition & son avance. Une dissimulation profondecouvre la conduite de Guillaume , dans ce pardon simulé ; iln’est pas fur pour lui de demeurer brouillé avec un fils, qui,par ses droits & l’ascendant qu’il a pris fur les Normands, peut.à son gré soulever ce peuple & se faire un parti considérable.La politique veut qu’il flatte l’ardeur guerrière du jeune Prince,