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Deux traits que nous trouvons ici dans les deux Princesassiégeans offrent à P Histoire deux tableaux bien différons.Au milieu de cette scène d’horreur, que présentent de sem-blables hostilités entre deux frères, on est touché de voirRobert s’attendrir fur l’état de son frère , lui envoyer uneprovision d’eau, & même plusieurs pièces de vin pour fa table.On voit que Robert se rappelle dans ce moment le serviceessentiel que Henri lui avoit rendu, pendant le Siège de saCapitale. Mais ce n’est qu’avec le pinceau de la fureur laplus sombre qu’on peut rendre la colère du farouche Guillaume,qu’irrita ce procédé généreux , au point de s’emporter contreRobert & de l’abandonner tout à coup.
. Sans doute que le cœur de Guillaume s’ouvroit difficile-. ment à la pitié. Mais il y eut un moment dans ce Siège,» où son danger personnel lui arracha un procédé d’une sen-. sibilité louable. Ce moment alloit terminer au Mont-Saint-. Michel la carrière de Guillaume. II s’avançoit seul , avec. cette hardiesse de bravoure qu’il montra par-tout, pour. observer à cheval les endroits foibles de la forteresse.. Deux soldats des Assiégés fondent fur lui à l’improviste &. le renversent, sans le reconnoître. Un d’eux avoit déja le. bras levé, pour lui plonger son épée dans le corps. Arrête ,. malheureux ! lui cria Guillaume, je suis le Roi d" Angleterre ,. le frère de ton Maître! Ce cri fut comme un coup de foudre ,. qui fit tomber l’épée de la main du soldat. Le respect le. saisit, & à l’instant il relève le Prince, & lui sert d’Ecuyer. pour remonter sur son cheval. Guillaume n’oublia point. cette action , &, après avoir récompensé le soldat, il se. l’attacha pour toujours. . II faut que ce Prince ait laisséune mémoire bien odieuse , pour que ses Historiens relèventune action aussi simple, comme un grand effort de vertu.
Enfin la fortune de Henri cède encore à celle de Robert.