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Princes de l’Europe ; mais oppresseur de ses Sujets, & millefois plus odieux que son père dans ses exactions, il n’eut pascomme lui l’art de se faire pardonner la dureté de son Gou-vernement. L’intérieur de ses Etats fut presque toujours l’écueilde ta gloire. Les Religieux eurent â lui reprocher d’avoir traitéleurs Monastères, comme des bourgades livrées au pillage.Les Évêques durent censurer un Prince qui laissoit vaquer lesSièges, pour en engloutir les richesses ; mais son peuple, 6souvent trompé par ses artifices, tous les jours victimes dedéprédations nouvelles , n’eut qu u n cri pour le dénoncer àla postérité, comme le fléau de PAngleterre.
Quand le Prince n’oppose aux gémissemens de son peuple,qu’un cœur de bronze, tout n’est pas encore perdu pour lesmalheureux , s’il est un honnête homme en crédit à la Courdu Monarque; si sur-tout dans les Pontifes qui Papprochent,la Religion a formé de ces caractères fermes & intrépides,auxquels elle ait donné de prévaloir fur les passions & de lesenchaîner, par l’asoendant du zèle & de la sagesse. Telle étoitAnselme, ce respectable Abbé du Bec , que Guillaume avoirfait Archevêque de Cantorbéry, digne élève de Lanfranc,dont il rappelloit les vertus, & qui avoir opposé au choix duPrince une forte résistance. Anselme voulut rappeller Guil-laume à ses sermens, fur la protection & la justice qu’il devoirà son peuple , fur son respect pour les biens de PEglise.C’étoit attaquer trop de pariions à la fois, pour n’être pointcoupable aux yeux du Monarque. Dès ce moment, Guillaumene chercha plus qu’à l’éloigner. Bientôt Anselme lui en fournitplus d’un prétexte.
Rome étoit alors en proie à Pun de ces malheureux schismes,où fans doute la Religion n’avoit rien à perdre en elle-même,parce que toujours elle plane fur les passions des hommes; maisoù les Chrétiens perdoient nécessairement de leur vénération
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