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on lui conservoit son Duché de Normandie. A ces conditions,les deux frères se rapprochèrent 8c parurent se jurer une éternelleamitié. On renvoya les Troupes, 8c Robert retourna dans sonDuché.
Tout ce qui manquoit á l’ambition de ce Prince, se trouvoitporté à l’excès dans Henri, qui, loin de laisser son frèrejouir en paix des débris de fa fortune , ne voulut y voirqu’une victime nécessaire à son insatiable cupidité. Tout cequi s’étoit déclaré pour Robert fut proscrit, & des pardonssimulés furent suivis de confiscations odieuses. Robert accou-rut envain pour arrêter le ressentiment de son frère 8c récla-mer la foi de leur traité ; il le trouva inflexible , 8c bientôtil s’apperçut que lui-même étoit enveloppé dans la proscrip-tion. Envain il crut qu’en sacrifiant sa pension à Favarice deson frère, il désarmerait sa rigueur ; Henri ne vit dans cettedémarche qu’une foiblesse, qui l’enhardit à tout oser, pourdépouiller entièrement le malheureux Duc.
II est dans la nature des choses que celui qui recule attirefur lui son ennemi. Robert ne tarda point à avoir sur les brasFarinée de son frère , qui ne chercha plus qu’à se rendremaître de la Normandie, soit par force, soit par corruption ; &ce dernier moyen ne fut que trop facile.
L’Histoire des bons Princes qui n’eurent en partage quede la bonté 8c de la valeur même, n’est point fans celle deleurs malheurs. Les François eurent un Louis le Débonnaire,recommandable par ces deux qualités, 8c qui n’est pas moinsconnu par les orages de son règne. (Test que la force d’unhomme qui doit conduire 8c maîtriser les passions d’un peuple,n’est pas seulement dans son cœur 8c dans son bras ; elle estsingulièrement dans fa tête. Tour-à-tour à la volupté 8c à unedévotion minutieuse, le nonchalant Robert devenoit pour sesDomestiques 8c pour tous les ordres de ses Sujets un objet de
mépris.