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Si l’on en croît les Historiens du tems, les préludés de lagloire à laquelle s’élevoit la Maison d’Anjou, dévoient êtremarqués par l’accomplissement des malédictions que prononçaMathilde d’Ècosse, première femme de Henri, lors de sonmariage. Arrachée par le Roi d’Ècosse, son frère, du Monas-tère de Rumsey, où elle avoit pris le voile, on l’entendit pro-tester. hautement contre la violence qui forçoit fa main , pourl’engager dans une alliance sacrilège. Un Concile même ne putcalmer ses frayeurs Sa piété, qu’elle crut outragée, n’eut quedes anathèmes à prononcer contre la postérité qui naîtrait dece mariage & qu’elle dévoua à toutes les horreurs de la guerre.De-lá , disent ces Historiens , point de Roi d’Angleterre , decette race , qui n’ait eu, pour s’affermir fur son trône -, àtremper ses mains dans le sang de ses proches. Mais a-t-onbesoin de recourir à de pareilles causes., quand la nature mêmedes évènemens en offre de plus plausibles à l’Ècrivain Philo-sophe ? C’est à l’instabilité des principes fur les droits deíucceílion, c’est aux usurpations & aux parjures fi multipliésdans ces siècles, qu’il faut attribuer les secousses violentes decette monarchie, & les guerres de famille qui Pont ensan-glantée. Envain Henri qu’allarmoient les grands domaines &le caractère souple & l’ambition d’Ètienne, avoit fait prêterserment à sa fille Mathilde par tous les Prélats & les Baronsdu Royaume ; envain avoit-il exigé du Comte de Boulognele,premier exemple. La reconnoissance que celui-ci devoir àla mémoire de son oncle , se tût à la vue d’une couronne,qu’il lui sembla facile d’enlever à une femme. Etienne savoir,par le début des derniers règnes , que l’activité & la promp-titude de ses expéditions pouvoient seules en assurer le succès.On pouvoir dire en effet que l’occasion & la fortune sem-bloient avoir fait un pacte, pour qu’elles seules pussent dispo-ser de la Couronne d’Angleterre. Étienne crut ,que la marche