ne lui laissent d’autre ressource pour tromper les sentinelles,que d’en sortir dans un cercueil avec î’appareil d'un convoi :terme étrange de cette royauté momentanée.
Mathilde pense envain qu’avec le Comte de Glocester,tout lui est rendu , jusqu’à sa fortune. Les Normands font pourelle une ressource puissante , que le Comte d’Anjou ne doitpas tarder à lui fournir. C’est dans Oxford qu’elle va atten-dre ce secours ; mais c’est là que fa destinée lui ménage unnouvel affront.
» Etienne, qui venoit d’éprouver un échec, en commen-
• çant la campagne, apprend que Mathilde s’est retirée dans» Oxford. II rallie fes fo.ces & entreprend le liège de la. place. Deux mois d’une attaque opiniâtre épuisent les ref-
• sources de l’Impératrice ; elle demande à capituler , mais» impatiente des délais de cette négociation , & plus encore ,, outrée de dépit, en fe voyant à la discrétion d’un ' vain-. queur qu’elle avoit cru pouvoir humilier & outrager dans» l’infortune, elle use, pour fe sauver d’Oxford, d’un stra-» tagême qui lui réussit. La rivière qui baigne cette ville,
• étoit alors couverte de glaces & de neiges. Mathilde s’ha-
• bille de blanc, & fait habiller fa fuite de la même couleur.
• C’est ainsi que pendant la nuit, elle traverse la rivière sous
• les yeux des aísiégeans.
Un traité de paix termina tous les troubles, abandonna laNormandie à Henri, & lui assura, après la mort d’Etienne.la couronne d’Angleterre, dont on laissa le Monarque jouirpaisiblement. Cette jouissance fut de quinze mois, après les-quels Etienne finit son règne orageux, en 1154. II fut en-terré à l’Abbaye de Feversham, qu’il avoit fondée.
Avec le nouveau règne, Rouvrirent des scènes d’éclat, oùI’Angleterre commença à jouer en Europe un grand rôle.