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le Poitou, la Touraine & la Saintonge. De-là l’orgueil de îapuissance dans ce Prince, & dans Louis-le-Jeune, le dépitd’une conduite imprudente , les armèrent Fun contre Fautre.Des alliances les rapprochèrent quelquefois, des trêves sus-pendirent leurs coups réciproques ; mais des campagnes dé-vastées , des Villes détruites , des batailles sanglantes, atteste-rent en eux une fureur persévérante pour se nuire.
Ce que souvent Louis n’osa tenter à force ouverte ; il Fessayapar des entraves qu’il donna à Henri, soit en fomentant desdivisions, soit en prenant parti dans les querelles qui naissoientau sein de F Angleterre. On verra la politique du MonarqueFrançois dans la protection qu’il accorda à FArchevêque deCantorbery.
Thomas Becquet, un de ces hommes qui naissent d’eux-mêmes, s’étoit élevé par son mérite aux premières dignitésd'u second ordre dans l’Eglise d’Angleterre , & s’y montroittoujours supérieur à son poste. Génie vif & pénétrant, ardentà former des entreprises, habile à les conduire, ferme, à lessoutenir dans les contradictions ; esprit droit , mais de cetterigidité de principes que la politique n’adopte pas toujours;ame Tailleurs vertueuse & pleine de candeur. Tel étoitThomas, quand le coup d’œil perçant de Henri découvriten lui l’homme d’Etat , & crut y appercevoir égalementFami de confiance. Le Monarque n’heíita point à lui confé-rer la première dignité du Royaume, dans la place de Chan-celier , & le poste le plus intéressant aux yeux d’un père danscelle de Gouverneur de son fils.
Magistrat intègre , exact & vigilant, Becquet justifia le choixdu Monarque. II eut cette sévérité & cette application quimaintiennent le respect pour les Loix , cette prudence , quin’en réforme qu’avec circonspection les abus ; cette gra-vité > qui, dans le Magistrat, annonce au Peuple une espece