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Tome I.
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du Pape. L’Empereur se décida pour une rançon de cent millemarcs d’argent. Encore ce Prince fit-il acheter à Richard faliberté, par tous les dégoûts d'une irrésolution qu’entretenoitle Roi de France.

On sent que Richard, échappé de sa captivité, dut courircomme un lion furieux à sa vengeance contre Philippe. Onjugera de l’emportement de sa colère, en apprenant de sesHistoriens qu’au premier bruit d’une invasion du Roi de Franceen Normandie, Richard , étant à table, jura de marcher droitvers cette Province, fans se détourner ; & que sur le champil fit abattre le mur de la salle qui regardoit la Normandie,alla à Portmouth , de-là à Barfleur , â Verneuil, dont il trouvale siège levé ; mais où il put encore battre en déroute l’arrière-garde , 8c tuer de fa main trois des plus braves ChevaliersFrançois.

Malgré Pinfidélité de Philippe au traité de la Palestine, 8cson peu de respect pour les malheurs de Richard , un autrepersonnage effaçoit l’odieux de ce rival sur ce théâtre d’hor-reur. Traître à son frère, Jean laissa déja voir en lui le germede ce caractère bas & perfide, qui devoir bramer ses propresmalheurs. Depuis que le sang de Cadmus ensanglanta le trônede Thèbes, depuis que la Couronne de Séleucus arma sesdeux enfans l’un contre l’autre, la soif de régner brouillasouvent les frères ; 8c l’Angleterre eut en ce genre ses odieusesrivalités. Mais nulle part cette passion ne présente un carac-tère de lâcheté, comme dans le frère de Richard. Son frèren’est que captif, il en publie la mort; son frère est victimedu fort des armes, Jean complotte alors avec son plus cruelennemi. Richard a-t-il dompté le caprice de la fortune, enrecouvrant fa liberté, 8c retrouvant le cœur de ses peuples ;C’est par un crime, c’est par une noirceur à jamais déshono-rante que Jean essayera de rentrer en grâce avec lui.

C’étoit