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disparaître toutes les traces de l’authorité des Empereurs.Outré de la résistance de Jean & de son obstination â rejetterLangton , Archevêque de Cantorbéry, Innocent avoit interditle Royaume & excommunié le Roi lui-même. On fait quede-là à la déposition d’un Monarque, il n’y avoit alors qu’unpas. Auffi Jean fut-il déclaré déchu de la Royauté ; & le Pape"crut pouvoir auffi bien donner ce Royaume à Philippe, qu A-drien avoit autrefois fait présent de l’Irlande à Henri II.
Mais ce qui étonnera notre siècle, est qu’un Roi, auffi bonpolitique que Philippe-Auguste, ait oublié , en acceptant unepareille donation, qu’il armoit pour la fuite les Evêques deRome contre son propre trône. L'ambition de Philippe ne luipermit pas de rien voir au-delà d’une nouvelle Couronne quis’offroit à fa main ; 6c , pour fe PaUurer , il arma une flottede 1700 Vaisseaux. Jean ne s’oublia point à la vue de cetarmement formidable. II rangea 60000 hommes fous fes dra-peaux. II y avoit de quoi faire reculer Philippe , si Jean eutpu prendre quelque confiance dans une armée fans zèle 6c fansaffection, dans des Guerriers honteux de lui obéir, dans urçpeuple lassé de son joug, 6c qui ne voyoit à fa tête qu’avechorreur un Prince excommunié.
Le Roi d’Angleterre sentit tout le danger de sa position.Le Pape qui l’attendoit à ce moment de crise, vit qu’il étoittems de tirer du désespoir de ce Prince le parti le plus utileà l’accroissement de fa puissance. Deux Chevaliers Templiersfont envoyés à Douvres, pour achever de corrompre cetteame déja flétrie par fes malheurs. Jean, qui se voit un pieddans l’abîme, fe jette dans leurs bras, accepte leur médiationstuprès du Légat Pandolf, 6c celle de ce Pontife auprès duPape. II souscrit à tout, 6c s’engage à une prompte 6c entièresoumission.
A ce prix, sans doute, il éteignoit les foudres lancées contre
lui ;