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quelques Historiens, quand on les avertit secrètement d’unerésolution prise dans le conseil de Louis, de châtier & debannir loin duRoyaume, comme traîtres à leur Patrie, ceuxqui lui avoient livré l’Angleterre. Le repentir étoit donc dejadans la Nation ; un reste d'amour & de confiance eut pu rendreà Jean le cœur & la fidélité de son peuple ; 8c cet heureux retoureut effacé en partie l’odieux qui s’est attaché à fa mémoire.Mais il parut que le moment seul de sa mort pouvoit ramenerl’Angloìs à ses intérêts & à son devoir.
Cette époque fut en effet celle d’une révolution aussi promptequ inattendue. On put croire qu’un corps opaque avoit offusquépendant dix-sept années l’éclat du trône , & que l’éclypseceísoit à la mort de l’infortuné Monarque. La Nation trayantplus ce Prince fous les yeux, rougît 8c même eut horreur defaire tomber fa haine fur un foible enfant. Rendue à la réflexion,elle s’étonna de la rapidité de ses écarts, 8c frémît de l'abîmequ’elle se creusoit par sa défection.
L’Anglois du XVIII e . siècle, qui seroìt peu instruit de cepoint de son Histoire, auroit un autre genre de surprise , envoyant qu’au XIII e . siècle P Angleterre dut à deux Papes, Inno-cent 8c Honoré III, la conservation de sa Couronne j 8c queleur autorité empêcha que cette monarchie ne devint uneprovince de la France. II est vrai qu’Honoré ne se déclaracontre Louis qu’autant qu’on promit de respecter l’ouvragede son prédécesseur, dont la protection avoit été le prix d’unesoumission odieuse. Mais ce n’étoit pas le moment de discuterdes prétentions, quelque dépourvues qu’elles fussent de prin-cipes. On avoit fait un faux pas qui alloit culbuter la monar-chie ; la prudence vouloir qu’on employât les ressources lesplus efficaces comme les plus promptes, pour venir au secoursde la Nation. Or, il n’en étoit point dont on put autant espérerque de l’autorité 8c de l’ascendant des Papes. Persuadé quç
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