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dònt nous parlons, l’ambition parut faire place à la cupi-dité , qui, s'irritant de jour en jour, par la facilité quelletrouvoit à se satisfaire, changea les Ministres du Pape en autantd’exacteurs, pour mettre à prix la protection & les grâces lesplus or inaires, qui émanoient du Saint-Siége. Cette avidité,,trop foiblement;désavouée par les Pontifes, souleva bien plusles esprits que n’avoit pu le. faire le despotisme de la domi-nation.
II y avoit déja cinq ans que le Légat Otlion avoit mis>tellement à contribution le Clergé séculier & régulier de1-Angleterre, que retournant à Rome, il y avoit transportéplus d’argent qu’il n’en restoit dans le Royaume. Une léga-tion si fructueuse ne pouvoit vaquer long-tems. Honoré laconfia à Martin , dont le génie lui sembla propre à moissonnerdans un champ-si fertile. A fa fuite-on vit une légion d’Ita-liens, dont la hardiesse, la souplesse & l’astuce ne se trouvè-rent point en défaut. La masse des biens Ecclésiastiques duRoyaume devint entre leurs mains une ferme si opulente,qu’en trois ou quatre années ils réunirent plus de revenusque n’en avoit la Couronne d’Angleterre. Alors la. clameur: -devint universelle;
. La Nation ne pouvoit attendre le remède à tant de» maux ni du Pape , dont on soupçonnoit la collusion &• dont les plus modérés blâmoient la mollesse, ni d’un Roi» craintif, qui dans forage n’avoit d’autre boussole, que lao. Cour de Rome : poussés à bout par ces abus crians , lesmi Barons prirent fur eux de venger à la fois l’honneur de
l’Eglise , la sainteté de sa discipline, Pintérêt du Clergé« ainsi que celui de la Nation. Pour agir plus de concert,». on prétexta un tournois; &, dans cette assemblée, fans«. attendre l’intervention du Prince, on résolut d’envoyer au
Légat Martin un Chevalier, poux lui enjoindre, de sortir.