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Tome II.
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entre les ordres inférieurs & les Grands la balance des pri-vilèges & des devoirs, protégeoient à la fois tous les ordresdes citoyens, en faisant disparoître tout pouvoir oppressif &.arbitraire. Le trône d’Angleterre parut être alors ce qu il feratoujours dans une monarchie bien réglée, la source unique detoute grandeur &. dç toute justice, l’appui du foible & l’asyledu malheureux.

Qu’un Prince est fort & quil est puissant quand la Nationpeut s’enorgueillir de la grandeur & des vertus de son maître, &.qu’elle peut se reposer sur sa justice ! Aussi tous les ordres del’État allèrent au-devant des besoins d’Édouard. Le Pape luiavoit accordé le dixième fur les biens Ecclésiastiques ; car cettepuissance ne laiffoit point alors au Clergé Phommage libre deses revenus. Le Parlement combla Edouard en lui assignantle quinzième fur les biens mobiliaires ; le commerce s’impofa,pour subvenir à ses projets, une taxe perpétuelle. Le Françoisreconnoît ici quelques traits de ce zèle qui lui appartientdans tous les tems, Sc qui, dans nos dernières guerres, s’estsignalé par des sacrifices presque inconnus jusqu’alors.

Dans ces momens, Edouard méditoit une guerre impor-tante , dont le succès devoit couronner huit cens ans de ten-tatives infructueuses. Au fond de leurs rochers & de leursforêts presque inaccessibles , les Gallois , reste des anciensSaxons, qui avoit échappé , du tems de la conquête, au jougde Guillaume, formoient une souveraineté indépendante, qu’ilseussent conservé plus long-tems, si l’amour de la célébrité fk legoût des entreprises ne les eussent tirés des remparts que la" nature avoit donné pour sauve-garde à leur liberté. La Liguedes Barons dans laquelle ils crurent devoir aider le Comte deLeycester, devint funeste à ces peuples. Leur Prince Lewlynne s’étoit racheté fous Henri III du ravage de ses Provinces,qu’en se rendant tributaire de la Couronne d’Angleterre. Son

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