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Tome II.
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couvre du bien public son commerce criminel , insulte à lafoibleffe de son époux ; St consomme sur lui sa vengeancepar le plus noir des attentats.

On voit qu’ici notre premier tableau doit être celui del’insolence de ce Gentilhomme Gascon, attiré à la Cour d’An-gleterre, pour y partager la faveur méritée dont y jouissaitson père; mais que l’yvreíïe de la prospérité mena long-temsd’écarts en écarts, jusqu’à ce qu’elle l’eut fait tomber dans leprécipice.

Qu’on se figure un bel homme d’une riche taille, d’unefigure agréable, doué de cette fleur d’esprit, de cet enjoue-ment qui caractérisent sa Nation ; & sur tout de cette souplessede caractère, qui réussit merveilleusement dans les Cours, parcequ’elle est le sacrifice adroit de l’amour-propre à la vanité desGrands, on aura connu Gaveston, ce Courtisan avantageux,qui prit le plus funeste ascendant sur son jeune Maître ; 8cqui le premier ourdit la trame de ses malheurs. II n’en falloirpas tant pour séduire un génie borné tel que le jeune Edouard,dont l’ame confiante Sc le cœur aimant alloient d’eux-mêmesau-devant des pièges.

Edouard I, qui avoit senti tout le danger d’un pareil favori,l’avoir exilé de la Cour ; il avoit même, en mourant, faitpromettre à son fils de ne le rappeller jamais. Promesse troptôt oubliée de la part du jeune Roi, qui donna au rappel déson favori tout l’éclat d’un triomphe. Les dignités, les biens,les alliances accablèrent à la fois Gaveston, qui ne les supportaqu’en forçant toutes les mesures. Valet rampant devant sonMaître, il ne fit voir à ses rivaux qu’une supériorité odieuse,un orgueil inconsidéré, Un faste insultant.

Tout à la fois conspira contre l’imprudent favori ; les Princes,les Seigneurs Sc le Parlement : le Comte de Lancaster à leurtête. Edouard, au milieu de ces orages, tel qu’un vaisseau

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