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sentit point tout ce qu’il avoit à craindre en quittant lui-même son Royaume , 8c passant en Irlande pour venger lamort du Comte de la Marche , héritier présomptif de laCouronne, tué par les Irlandois ? Mais il n’écouta qu unevaleur indiscrète. Peut-être auffi le dégoût de Londres hàta-t-il son voyage d’Irlande. De nouveaux succès chez ces Insu-laires , où dans une précédente campagne il avoit soumisquatre Princes, prolongèrent fa sécurité ; mais elle dura peu.
Au tems de P assassinat du Duc de Glocester, d’Arondel, soncomplice , avoit perdu la tête sur un échafaud ; le traîtreméritoit la mort. Mais si l’équité devoit épargner le frère.Archevêque de Cantorbéry, au moins la prudence devoit-elle le surveiller, ce que ne fit point Richard. Echauffé par leressentiment, ce coupable Prélat ne pensa qu’à venger sur le Roilui-même le sang de son frère. Par la mort du Comte de laMarche , Lancaster étoit devenu le plus proche héritier dutrône. Prince ambitieux, il est vrai ; mais trop prudent pourne pas concerter ses démarches; sujet mécontent, mais encoreassez fidèle pour respecter jusqu’au nom d’un maître dans unRoi foible 8c abusé, Lancaster reçut à Bicêtre , maison decampagne du Duc de Berry, l’ambassade du fougueux Arondel.
Tout ce que le bien public a de plus spécieux , tout ce quel’éclat d’une Couronne facile à conquérir a de plus séduisant,arma l'éloquence de l’Archevêque, dont le génie séditieux 8cinsinuant versa goûte à goûte, dans un cœur trop facile àcorrompre, le poison de la révolte. Lancaster devint rebelléen peu de jours ; il fut Vainqueur » 8c tous les degrés dutrône s’abaiíïerent fous ses premiers pas. Ce fut-là que lavoix du peuple , qui cette fois ne fut point celle du Ciel,lui marqua fa place.
L’ame de Richard éveillée par ce violent orage , pouvoitencore sortir de sa létargie. Pour le tromper 8c l’endormir
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